La Moldavie obtient une libéralisation temporaire des échanges concernant sept produits agricoles
Les ministres de l’UE ont donné le feu vert au règlement permettant à la Moldavie de multiplier au moins par deux ses exportations vers le territoire de l’Union pendant une période d’un an sans droit de douane.
Les ministres de l’Union européenne ont donné le feu vert au règlement permettant à la Moldavie de multiplier au moins par deux ses exportations de tomates, d’ail, de raisins de table, de pommes, de cerises, de prunes et de jus de raisin vers le territoire de l’Union pendant une période d’un an sans aucun droit de douane.
Le règlement, adopté par le Conseil de l’UE lundi (18 juillet), vise à aider la Moldavie à faire face aux retombées de la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Il représente également une étape dans l’approfondissement des relations commerciales du pays avec l’UE en augmentant ses exportations vers les États membres du bloc.
En juin, les dirigeants européens ont approuvé l’octroi du statut de candidat à l’adhésion à l’UE à la Moldavie et à l’Ukraine voisine.
Avant l’invasion russe de l’Ukraine, les exportations moldaves dépendaient fortement des infrastructures ukrainiennes. L’Ukraine, la Russie et la Biélorussie étaient également des exportateurs de produits agricoles moldaves. Les mesures temporaires de libéralisation des échanges réorienteront ces exportations vers l’UE.
À l’heure actuelle, les relations entre le bloc communautaire et la Moldavie sont régies par un accord d’association qui comprend une zone de libre-échange approfondi et complet.
Les exportations de la Moldavie vers l’UE concernent principalement les céréales et les préparations à base de céréales, les semences, les fruits, les légumes, les vins et les huiles végétales.
Le règlement garantit que les sept principales exportations agricoles — prunes, raisins de table, pommes, tomates, ail, cerises et jus de raisin — peuvent être vendues sur le marché unique sans être soumises à des droits de douane.
« Avec ces mesures exceptionnelles, l’UE approfondit ses relations commerciales avec la Moldavie et montre son soutien à la stabilisation de l’économie moldave », a déclaré Jozef Síkela, ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce.
Plus tôt en juillet, la décision a également été soutenue par le Parlement européen qui a voté en faveur du règlement lors de sa session plénière mensuelle.
« La Moldavie peut désormais réorienter une partie de ses échanges vers l’UE, et l’accord rapide sur cette mesure signifie que le pays peut déjà le faire avec la récolte de cette année », a déclaré la rapporteure du Parlement européen, Markéta Gregorová (Verts).
En mai, le Parlement européen a voté une résolution demandant la suspension des droits d’importation sur toutes les exportations moldaves vers l’Union européenne, l’augmentation des quotas pour les produits agricoles moldaves et un accès simplifié au marché du travail pour les Moldaves dans l’Union européenne.
Convaincus du fait que les Européens préfèrent acheter des produits locaux, les producteurs de fruits du pays ont confié à EURACTIV qu’ils craignaient que l’augmentation des exportations de leurs produits vers les marchés de l’UE ne rencontre des difficultés.
« Nous avons trouvé un marché pour nos prunes, mais pour ce qui est de la pomme, il est très difficile d’accéder au marché européen, car le marché est déjà saturé », a déclaré Ion Tulei, un exportateur moldave de prunes.
L’Union européenne contribue déjà à l’agriculture moldave au moyen de fonds d’assistance dans le cadre de programmes tels que le programme de stimulation économique dans les zones rurales (Economic Stimulation In Rural Areas, ESRA) et le programme européen de voisinage pour l’agriculture et le développement rural (European Neighbourhood Programme for Agriculture and Rural Development, ENPARD).
Ces programmes ont contribué à la modernisation des exploitations d’élevage et à l’établissement de nouveaux vignobles. Après le lancement de ces programmes, entre 2015 et 2019, la part des exportations moldaves à destination de l’Europe est passée d’environ 50 % à 68 %.