Mondial féminin : carton rouge pour Luis Rubiales, le parquet ouvre une enquête
Lundi (28 août), le parquet espagnol a ouvert une enquête préliminaire contre le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Luis Rubiales, accusé d’agression sexuelle. Sa mère a entamé une grève de la faim dans une église d’Andalousie pour défendre son fils.
Lundi (28 août), le parquet espagnol a ouvert une enquête préliminaire contre le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Luis Rubiales, accusé d’agression sexuelle. Sa mère a entamé une grève de la faim dans une église d’Andalousie pour défendre son fils.
M. Rubiales a suscité l’indignation internationale lorsqu’il a embrassé l’attaquante Jennifer Hermoso sur la bouche après la victoire de l’Espagne en finale de la Coupe du monde contre l’Angleterre, en Australie, le 20 août.
Le parquet n’a aucun doute que, sur la base des déclarations de la joueuse de football, le baiser « n’était pas consenti » et a donc lancé une procédure judiciaire pour « mener l’enquête sur les faits qui font l’objet de la plainte », a rapporté EFE, partenaire d’EURACTIV.
Concrètement, le parquet s’adresse à Mme Hermoso pour « l’informer de ses droits en tant que victime d’un délit présumé d’agression sexuelle » et donne à la joueuse la possibilité de contacter le parquet dans un délai de 15 jours.
Des sources judiciaires ont déclaré lundi à EFE que « le processus judiciaire n’a pas encore [officiellement] commencé », mais que l’affaire se trouve « toujours dans la phase pré-procédurale » et que le parquet a « offert à la joueuse la possibilité d’officialiser sa plainte publique ».
Le parquet estime que les faits rapportés — le baiser que M. Rubiales lui a donné tout en saisissant « des deux mains la tête de la joueuse » — pourraient constituer un délit d’agression sexuelle et souligne dans un communiqué de presse « les répercussions publiques importantes dans les médias à l’échelle nationale et internationale ».
La mère de Luis Rubiales défend son fils « innocent »
De son côté, la mère de M. Rubiales, Ángeles Béjar, a entamé lundi une grève de la faim pour dénoncer la « chasse inhumaine et sanglante » dont son fils fait l’objet.
Mme Béjar s’est enfermée dans l’église de la Divina Pastora à Motril, près de Grenade, en Andalousie, lundi matin et a annoncé qu’elle entamait une grève de la faim « indéfiniment, jour et nuit » jusqu’à ce que justice soit faite, selon ses propos recueillis par l’agence de presse EFE.
« Mon fils ne mérite pas ce qu’ils lui font subir », a-t-elle ajouté, défendant farouchement « l’honneur » de son fils, selon le quotidien sportif Marca.
La FIFA, l’instance dirigeante du football mondial, a suspendu samedi M. Rubiales, dont le salaire mensuel s’élève à 600 000 euros, de toute activité liée au football pendant 90 jours.
Lors d’une assemblée générale de la Fédération royale espagnole de football vendredi (25 août), M. Rubiales a refusé de démissionner de son poste de président de et a affirmé que le baiser était « spontané, mutuel et consenti ».
Il a ajouté qu’il était la cible d’un « faux féminisme » qui cherchait à le « tuer socialement ».
M. Rubiales, « incapable de blesser qui que ce soit »
Mme Hermoso a répondu au refus de M. Rubiales de démissionner par l’intermédiaire du syndicat des joueuses de football espagnoles Futpro. Elle a indiqué qu’elle n’avait pas consenti au baiser et que lors de l’incident, elle s’était sentie « vulnérable et victime d’une agression ».
L’attaquante a qualifié le baiser d’« acte impulsif, sexiste, déplacé et sans aucun consentement ».
Cependant, lundi, la mère de M. Rubiales a demandé à Mme Hermoso de « dire la vérité » et de « s’en tenir à la version qu’elle a adoptée après l’incident ».
Mme Béjar a ajouté qu’il n’y avait pas eu d’abus sexuel « puisqu’il y avait consentement de part et d’autre, comme le prouvent les images ».
« Pourquoi sont-ils si cruels avec lui ? », s’est interrogée la mère du président, précisant que son fils était « incapable de faire du mal à qui que ce soit ».