Monkeypox : les doses de vaccins disponibles en Europe sont « largement insuffisantes »
Face à l’augmentation exponentielle des cas de variole du singe, ou monkeypox, en Europe, l’eurodéputé Pierre Karleskind juge « largement insuffisantes » le nombre de doses de vaccin disponibles sur l’ensemble du territoire.
Face à l’augmentation exponentielle des cas de variole du singe, ou monkeypox, en Europe, l’eurodéputé Pierre Karleskind juge « largement insuffisantes » le nombre de doses de vaccin disponibles sur l’ensemble du territoire.
« Il est temps de se réveiller. 110 000 doses, c’est largement insuffisant », déclare l’eurodéputé à EURACTIV, en référence aux 109 090 doses de vaccin contre la variole du singe commandées par l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA).
Le président de la Commission Pêche et vice-président de l’intergroupe LGBTI au Parlement appelle les 27 et la Commission à mettre en place « sans plus attendre » des campagnes de vaccination ciblées.
« Je pense d’abord aux hommes ayant du sexe avec des hommes, ainsi qu’aux travailleuses et travailleurs du sexe », précise M. Karleskind. Si chacun peut être contaminé par le monkeypox, pour l’heure le virus circule essentiellement parmi les hommes homosexuels.
Depuis mai 2022, les cas de contaminations se multiplient en Europe. Actuellement, 4 500 personnes infectées par le virus se trouvent sur le continent européen, soit 90% des cas dans le monde, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé.
Le Royaume-Uni compte le plus de cas (1076 selon les autorités britanniques), puis viennent l’Allemagne (838) et l’Espagne (736), selon les derniers chiffres du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
Pierre Karleskind déplore le retard pris par l’Europe pour lutter contre le virus.
« Il faut croire que l’on a du mal à tirer des leçons de l’expérience Covid », regrette-t-il, avant d’ajouter : « Alors que les États-Unis vaccinent déjà à tour de bras les populations à risque, le démarrage de la vaccination en Europe est, à nouveau, particulièrement lent ».
En effet, aux Etats-Unis la campagne de vaccination s’accélère. Depuis mardi (28 juin), toute personne cas contact ou ayant eu un comportement à risque peut se faire vacciner dans un Centre de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).
56 000 doses de vaccin supplémentaires ont été distribuées dans les zones où la transmission est élevée. Auparavant, seules les personnes justifiant d’une exposition connue au virus pouvaient recevoir une dose de vaccin.
Depuis début mai 306 cas ont été détectés aux Etats-Unis, selon Rochelle Walensky, directrice des CDC.
L’OMS appelle les 27 à « intensifier leurs efforts »
Face à la flambée des cas de contamination, l’OMS a appelé les membres de l’UE à intensifier leur lutte contre le virus vendredi (1er juillet).
« Aujourd’hui, j’intensifie mon appel aux gouvernements et à la société civile pour qu’ils intensifient leurs efforts (…) afin d’empêcher la variole du singe de s’installer dans une zone géographique de plus en plus étendue », a déclaré le directeur régional de l’OMS Europe Hans Henri Kluge au cours d’une conférence de presse.
« Une action urgente et coordonnée est impérative si nous voulons prendre un virage dans la course pour inverser la propagation continue de cette maladie », a-t-il ajouté.
De son côté, M. Karleskind a déposé une question écrite prioritaire à laquelle la Commission est tenue de répondre sous trois semaines quant à la stratégie européenne de lutte contre la maladie.
« L’Europe a un rôle clé à jouer, que ce soit via l’achat commun de vaccin, ou par la coordination des politiques vaccinales entre États européens », assure-t-il.
Avant de conclure : « Je n’ose imaginer que l’Europe attende que cette maladie s’étende à d’autres publics pour se décider à agir. Elle doit montrer qu’elle a appris du Covid et se montrer à la hauteur dans la lutte contre la Variole du singe ».
En France, au 30 juin, 498 cas ont été recensés par Santé publique France qui souligne que « la situation évolue très rapidement ».
Contacté par EURACTIV sur sa stratégie de vaccination, le ministère de la Santé n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Mais selon une info du journal Têtu, la direction générale de la santé serait en passe de demander l’autorisation à la Haute autorité de santé (HAS) d’étendre la vaccination contre le monkeypox aux hommes gays et bi ayant plusieurs partenaires sexuels.
A ce jour, la vaccination est uniquement réservée aux cas contacts.