PAC : la Commission acceptera le plan néerlandais en dépit des préoccupations environnementales

Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé jeudi que le plan stratégique national néerlandais dans le cadre de la PAC devrait aisément recevoir l’approbation finale, et ce malgré les réserves émises par le commissaire européen à l’Agriculture.

Euractiv.com
Janusz Wojciechowski
Pour le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski, le plan néerlandais devrait être négocié dans le contexte général d’« une approche équitable pour tous les États membres ». [<a href="https://audiovisual.ec.europa.eu/en/photo-details/P-059679~2F00-01" target="_blank" rel="noopener">[EUROPEAN UNION]</a>]

Le porte-parole principal de la Commission européenne a confirmé jeudi (8 décembre) que le plan stratégique national (PSN) néerlandais dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) devrait aisément recevoir l’approbation finale, et ce malgré les réserves émises par le commissaire européen à l’Agriculture quant au « niveau très élevé des facteurs de risque environnementaux » de l’agriculture néerlandaise.

Par le biais de leurs plans stratégiques nationaux, les États membres de l’UE établissent leurs plans d’action individuels. Dans ces derniers, ils exposent la manière dont ils entendent atteindre les neuf objectifs de la PAC, dotée de 270 milliards d’euros et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2023.

Les PSN ont été soumis à la Commission pour approbation finale, qui est prévue avant la fin de l’année. Après des mois de négociations, tous les plans nationaux ont reçu le feu vert de l’exécutif européen, à l’exception du plan néerlandais, dont le texte final a été déposé en septembre dernier.

En évoquant les raisons pour lesquelles le plan néerlandais n’a pas encore été approuvé, le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a répondu jeudi que le plan en question devrait également être examiné par les autres commissaires.

« Je propose qu’on discute [de ce plan] lors de la réunion du collège [la réunion hebdomadaire des commissaires], car les Pays-Bas se trouvent dans une situation particulière », a-t-il déclaré.

M. Wojciechowski a fait allusion au fait que les indicateurs d’impact environnemental tels que les émissions de gaz à effet de serre (GES), la consommation d’énergie par hectare et l’utilisation de pesticides et d’azote aux Pays-Bas sont parmi les plus élevés d’Europe.

« J’espère que nous éviterons que le plan ne soit pas approuvé, mais j’aimerais que le collège [des commissaires] rende une décision claire sur ce plan », a-t-il déclaré et il a ajouté qu’il ne comptait pas le bloquer.

Cependant, quelques heures plus tard, le principal porte-parole de la Commission, Eric Mamer, a balayé les rumeurs selon lesquelles le plan néerlandais risquait d’être finalement rejeté.

« La proposition de plan néerlandais est prête, elle est tout à fait consensuelle : tous les services y sont favorables et elle sera donc approuvée », a déclaré M. Mamer lors du briefing quotidien de presse.

Il a également nié qu’il y ait une demande pour discuter du plan au collège des commissaires, même si « comme d’habitude, l’ordre du jour doit être confirmé et [le plan] sera probablement abordé, alors, la semaine prochaine au collège, qui a lieu mardi à Strasbourg ».

Une « approche équitable »

Auparavant, M. Wojciechowski avait précisé qu’il n’y avait « aucune demande pour améliorer le plan néerlandais, car tout ce qui était possible au cours de la négociation a été finalisé ».

Pour le commissaire, le plan néerlandais devrait être négocié dans le contexte général d’« une approche équitable pour tous les États membres ».

En réponse aux allusions à une querelle entre la Pologne et les Pays-Bas à l’origine de ce blocage  du plan, il a expliqué sur Twitter qu’il fallait « souligner qu’il existe certaines limites aux approches uniformes/horizontales pour résoudre les problèmes environnementaux et climatiques de l’agriculture ».

« Nous ne pouvons tout simplement pas considérer l’agriculture européenne à travers le prisme du plus mauvais participant », a-t-il ajouté.

En parallèle, il a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une demande défavorable aux agriculteurs néerlandais et a mis en avant leur contribution à la sécurité alimentaire en Europe en tant qu’agriculture « très productive ».

Un porte-parole néerlandais contacté par EURACTIV a déclaré qu’il y « a eu de longues discussions avec la Commission européenne sur tous les points du plan de la PAC, après quoi nous avons reçu le feu vert pour déposer le plan ».

« Nous sommes convaincus qu’il sera bientôt approuvé par la Commission », a-t-il continué.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]