Parlement européen : la droite refuse de rendre obligatoire la formation anti-harcèlement pour les eurodéputés
Le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et le groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen ont voté contre une proposition qui aurait rendu obligatoire une formation contre le harcèlement pour les eurodéputés.
Le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et le groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen ont voté contre une proposition qui aurait rendu obligatoire une formation contre le harcèlement pour les eurodéputés.
Ces partis ont rejeté l’amendement proposé au règlement intérieur de l’institution lors d’un vote du mercredi (24 avril). Cet amendement prévoyait d’instaurer des pénalités et des sanctions pour ceux qui ne suivraient pas la formation au cours des six premiers mois de leur mandat.
L’amendement n’ayant pas été adopté, il n’y aura pas de conséquences pour les membres qui ne suivent pas la formation d’une demi-journée, laquelle reste de facto facultative.
Selon une source du PPE, la délégation allemande au sein du groupe aurait voté contre l’amendement, jugeant les sanctions proposées disproportionnées. Finalement, l’ensemble du groupe PPE a adopté cette position.
Une position similaire a été adoptée par la plus grande délégation au sein du groupe ID, la Lega italienne, a confié un porte-parole du groupe à Euractiv.
La délégation française au sein du groupe ID, le Rassemblement national (RN), a pour sa part voté contre l’ensemble du paquet de mesures, arguant que celui-ci allait à « l’encontre de la liberté de mandat », d’après une source du parti.
Pour la même raison que le groupe ID, les eurodéputés du groupe CRE ont voté contre ou se sont abstenus, ont-ils déclaré dans un communiqué de presse.
Selon l’amendement rejeté, les répercussions pour la non-participation à la formation comprenaient des sanctions et l’inéligibilité pour les titulaires de mandats parlementaires, tels que les présidents de commission, la présidence, l’organe administratif (le Bureau) ou les rapporteurs.
Cette proposition initiée par le Parlement européen visait à renforcer les procédures internes de lutte contre le harcèlement, après la révélation à la presse de plusieurs cas de députés européens accusés de harcèlement physique et psychologique à l’encontre du personnel.
En juillet 2023, le Bureau du Parlement européen, a établi un « service de médiation » dédié à ces cas et a recommandé la mise en place d’une formation obligatoire pour les membres.
Durant la législature 2019-2024, 380 députés sur les 705 ont choisi de suivre cette formation de manière volontaire, d’après les informations d’un fonctionnaire du Parlement européen.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]