Bruxelles lance une version allégée de l'InterRail gratuit pour les jeunes

La Commission a écarté l'idée, trop coûteuse, d'offrir à chaque jeune Européen un billet InterRail gratuit. Elle prévoit en revanche d'octroyer 2,5 millions d'euros à 5 000 adolescents pour voyager à travers l'Europe.

EURACTIV.com
[<a href="https://www.shutterstock.com/download/success?src=JYjpsbLYqJ-uvZ7HiPzC5w-1-1" target="_blank" rel="noopener">[FlareZT/ Shutterstock]</a>]

La Commission a écarté l’idée, trop coûteuse, d’offrir à chaque jeune Européen un billet InterRail gratuit. Elle prévoit en revanche d’octroyer 2,5 millions d’euros à 5 000 adolescents pour voyager à travers l’Europe.

Au lieu d’offrir un billet InterRail gratuit à chaque jeune de 18 ans pour une dépense totale de 1,6 milliard d’euros, la Commission propose une alternative moins chère, consistant à payer les coûts de voyage à une sélection plus restreinte de 5 000 adolescents par an.

Pour Manfred Weber, le dirigeant du Parti populaire européen de centre droit, cette proposition n’est pas suffisante. C’est lui qui avait suggéré l’idée d’un pass InterRail gratuit en automne dernier. Les 751 eurodéputés avaient approuvé sa proposition en début d’année.

Les billets de train InterRail pour les jeunes âgées de moins de 26 ans coûtent entre 200 et 479 euros en fonction de leur durée de validité.

La nouvelle proposition de la Commission est moins chère, concerne un voyage moins long et ne se limite pas au train. Les voyages en avion, en bus et en ferry peuvent également être pris en charge par le fonds de 2,5 millions d’euros. Ce fonds ne devrait être valable que pour l’année 2017.

Version édulcorée

Manfred Weber a qualifié la version édulcorée du fonds de voyage d’« opportunité manquée » et a indiqué que les coûts impliqués pour offrir des billets InterRail gratuits aux jeunes de 18 ans étaient « beaucoup moins élevés » que ce que la Commission avait estimé.

Il a également souligné que sa proposition était « loin d’être restée lettre morte », étant donné que le Parlement se battra pour qu’elle soit inclue dans le budget 2018 de l’UE. La Commission devrait proposer les détails du budget 2018 dans les mois à venir et devra alors négocier avec les eurodéputés et les parlements nationaux pour qu’il soit approuvé.

Les eurodéputés ont précisé que le programme de voyage gratuit entre pays européens pouvait aider à lutter contre l’euroscepticisme.

La commissaire européenne aux transports, Violeta Bulc, a indiqué que la proposition de Manfred Weber était une « excellente idée » en automne dernier et s’est dit être « prête à l’étudier plus en profondeur ».

Les fonctionnaires de la Commission ont été accusés de lésiner sur le budget du voyage, alors que Manfred Weber propose un programme beaucoup plus généreux. D’après une communication écrite de la Commission, « le financement [d’un plan InterRail de 1,6 milliards d’euros] n’est pour l’instant pas disponible ».

En vertu du nouveau programme de la Commission, les écoles qui participent déjà à un programme d’échange européen sélectionneront 5 000 étudiants âgés de 16 ans ou plus.

Les étudiants sélectionnés recevront 350 euros pour voyager en train, en bus, en ferry ou en avion, à condition que le voyage dans son ensemble ne dépasse pas les limites d’émission de CO2 que la Commission a calculé pour le programme.

Le moyen de transport le moins polluant reste le train, suivi par le bus, le ferry et l’avion, qui émettent davantage de CO2. Les étudiants ne souhaitant voyager que par avion ne peuvent pas se voir allouer de fonds. Ils devront trouver un juste équilibre entre l’avion et d’autres moyens de transports moins polluants afin de réduire les émissions de CO2 par kilomètre pour l’ensemble du voyage.

Les étudiants chypriotes, maltais, islandais ou étant originaires de zones plus lointaines telles que les Îles Canaries ou les territoires d’outre-Mer français pourront obtenir jusqu’à 530 euros.

Karima Delli, eurodéputée verte française et présidente de la commission transport du Parlement, a déclaré que l’argent européen serait mieux dépensé dans des billets InterRail étant donné que le train pollue moins que l’avion ou le bus.

« Nous espérons que la question des émissions de CO2 éveillera les consciences des voyageurs au sujet de leur empreinte carbone », a indiqué Karima Delli à Euractiv. Le programme ne devrait cependant « pas devenir une source d’argent de poche pour des adolescents voulant voyager avec des compagnies low-cost telles que Ryanair », a-t-elle ajouté.

La Communauté européenne du rail (CER), un lobby ferroviaire, a soutenu la proposition de Manfred Weber d’offrir des billets InterRail gratuits. « Si les étudiants s’intéressent à la méthode de calcul des émissions de CO2 totales pour un voyage, j’espère que la majorité d’entre eux se tourneront vers le train ou le bus, mais pas l’avion », a déclaré Libor Lochman, directeur de la CER.

« Je suis quasiment certain que le transport ferroviaire ne sera pas pénalisé par les offres de compagnies aériennes », a-t-il ajouté concernant l’utilisation des fonds du programme.

Dix-neuf compagnies aériennes, compagnies de bus et exploitants ferroviaires ont accepté d’offrir des réductions aux étudiants utilisant les subventions européennes.