Pays-Bas : les réfugiés ukrainiens confrontés à un avenir incertain, selon un rapport

Le gouvernement néerlandais doit apporter plus de clarté sur les perspectives d’avenir des réfugiés ukrainiens, notamment en ce qui concerne leur statut de résident et leur retour dans leur pays, estime le Conseil consultatif sur les migrations.

Euractiv.com
Demonstration on Dam Square against war in Ukraine
Les Pays-Bas ont accueilli environ 95 000 réfugiés ukrainiens protégés par la directive européenne relative à la protection temporaire (DPT), qui doit s’appliquer jusqu’en mars 2025. [EPA-EFE/RAMON VAN FLYMEN]

Le gouvernement néerlandais doit apporter plus de clarté sur les perspectives d’avenir des réfugiés ukrainiens qui séjournent actuellement dans le pays, notamment en ce qui concerne leur statut de résident et leur retour dans leur pays, a écrit le Conseil consultatif sur les migrations (Adviesraat Migratie, ARM) dans un rapport publié mercredi (5 juillet).

Les Pays-Bas ont accueilli environ 95 000 réfugiés ukrainiens protégés par la directive européenne relative à la protection temporaire (DPT), qui doit s’appliquer jusqu’en mars 2025. Toutefois, les municipalités et les réfugiés ont déjà exprimé des inquiétudes quant à leurs perspectives d’avenir et à leurs conditions de vie.

« Alors que la guerre s’éternise, la nature temporaire de la directive [sur la protection temporaire] et des installations commence à se faire sentir », peut-on lire dans le rapport.

« Cet arrangement temporaire a un prix : pour les personnes elles-mêmes, mais aussi pour notre société. Quelle perspective les Pays-Bas veulent-ils offrir aux Ukrainiens ? »

Le rapport demande que le statut de résident des réfugiés ukrainiens et leur retour dans leur pays d’origine soient discutés et rationalisés au niveau de l’UE afin d’empêcher la migration secondaire au sein de l’UE. Il propose également d’accorder aux Ukrainiens des permis de séjour temporaires ou non, y compris des permis correspondants pour les étudiants et les migrants hautement qualifiés.

Le rapport demande également que les personnes déplacées, les demandeurs d’asile et les détenteurs de statut soient traités de manière plus équitable, l’ARM déclarant que les demandeurs d’asile devraient se voir accorder des permis de travail plus tôt, puisque les Ukrainiens sont autorisés à travailler dans le cadre de la DPT.

La nécessité de solutions de logement adéquates est également mentionnée, l’ARM demandant davantage de logements temporaires pour différents groupes sociaux, notamment les personnes déplacées, les demandeurs d’asile et les personnes récemment divorcées.

« Nous recommandons au gouvernement de tirer les leçons de ces problèmes pour parvenir à une vision du séjour des migrants temporaires à l’avenir », indique également le rapport.

Trouver des solutions adéquates à ces problèmes pourrait s’avérer difficile pour le gouvernement, car les Pays-Bas sont actuellement plongés dans une grave crise de l’immigration et du logement. Le ministre néerlandais du Logement, Hugo de Jonge de l’Appel chrétien-démocrate (CDA, PPE), a déclaré que le nombre élevé de réfugiés pourrait empêcher le pays d’atteindre ses objectifs en matière de construction de logements.

Crise dans le pays, détermination à l’étranger

Alors que les réfugiés ukrainiens aux Pays-Bas attendent toujours une perspective d’avenir, le cabinet a annoncé mardi que leur pays d’origine recevrait une aide financière supplémentaire dans le cadre de l’effort de guerre, grâce à un programme de soutien d’un montant total de 118 millions d’euros.

Cette aide financière est destinée à la reconstruction des infrastructures ukrainiennes, à la fourniture de médicaments et à l’apport d’une aide d’urgence à la suite de la rupture du barrage de Kakhovka.

En outre, la ministre du Commerce extérieur et de la Coopération au développement, Liesje Schreinemacher du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD, Renew), a également nommé Roderick van Schreven, diplomate de longue date, nouvel envoyé spécial pour la reconstruction de l’Ukraine.

« Le cabinet a nommé Roderick van Schreven comme envoyé spécial pour l’Ukraine. Il s’agit d’un diplomate de haut niveau qui possède l’expérience et les contacts nécessaires dans le monde des affaires néerlandais et international, et qui pourra conseiller et soutenir les entreprises néerlandaises désireuses de contribuer à la reconstruction de l’Ukraine », a tweeté Mme Schreinemacher.

En avril dernier, le précédent envoyé spécial pour l’Ukraine, Ron van Dartel, a démissionné de son poste à la suite de la publication de remarques controversées qu’il avait faites au sujet de l’Ukraine et de la Russie, affirmant notamment qu’il s’agissait d’un seul et même peuple.