Pedro Sánchez exhorte Emmanuel Macron à respecter ses engagements en matière d’interconnexions gazières

Le président français Emmanuel Macron a été exhorté à « respecter ses engagements » concernant les connexions du réseau énergétique entre la péninsule ibérique et le reste de l’UE, y compris un futur gazoduc Midcat, par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.

EuroEFE avec EURACTIV.com
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« Nous demandons au gouvernement français de respecter ses engagements. La France ne les a pas pris envers l’Espagne, mais envers la Commission européenne », a déclaré M. Sánchez dans une interview publiée mercredi (5 octobre) par le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Le président français Emmanuel Macron a été exhorté à « respecter ses engagements » concernant les connexions du réseau énergétique entre la péninsule ibérique et le reste de l’UE, y compris un futur gazoduc Midcat, par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.

« Nous demandons au gouvernement français de respecter ses engagements. La France ne les a pas pris envers l’Espagne, mais envers la Commission européenne », a déclaré M. Sánchez dans une interview publiée mercredi (5 octobre) par le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, quelques heures avant le sommet hispano-allemand qui s’est tenu le même jour à La Corogne, en Galice (nord-ouest de l’Espagne), a rapporté EFE, partenaire d’EURACTIV.

« L’Espagne pourrait déployer le corridor de l’hydrogène […] en sept à huit mois. Parce que le gazoduc [Midcat] sera adapté à la fois à l’hydrogène vert et au gaz naturel », a déclaré M. Sánchez lors de l’entretien.

L’« engagement public » de M. Macron

Le Premier ministre espagnol a rappelé qu’« en juillet 2018, Emmanuel Macron s’est engagé publiquement par écrit à stimuler l’expansion du réseau électrique et énergétique ».

« C’était lors du Sommet du réseau énergétique à Lisbonne, où l’Espagne, le Portugal et la Commission européenne, comme auparavant à Madrid en 2015, avaient discuté d’une meilleure connexion de la péninsule ibérique avec le reste de l’UE. D’ici 2020, un degré d’interconnexion de 10 % aurait dû être atteint. Mais jusqu’à présent, il n’a été que de moins de 5 %, alors qu’il devrait être de 15 % en 2030 », a déploré M. Sánchez.

« Nous-mêmes sommes déjà solidaires avec la France, le Portugal et d’autres pays européens. En France, une grande partie des centrales nucléaires ne fonctionnent pas ; au Portugal, les centrales hydroélectriques sont arrêtées à cause de la sécheresse. Nous livrons de l’électricité et du gaz aux deux pays », a déclaré le Premier ministre socialiste.

« Aujourd’hui déjà, 10 % de tout le gaz qui entre dans l’UE vient en Espagne. La plupart du temps par des méthaniers, le reste par des gazoducs », a-t-il poursuivi.

Interrogé sur la fiabilité de l’Algérie en tant que fournisseur de gaz, le chef de l’exécutif de la coalition de gauche espagnole a assuré que le pays d’Afrique du Nord « a toujours été un partenaire fiable pour l’approvisionnement en gaz. Rien n’a changé à ce sujet. Nous n’en doutons pas non plus. Mais nous pouvons aider encore plus », a-t-il commenté.

Réforme structurelle du marché du gaz

« À moyen terme, nous nous efforçons de devenir le premier centre d’hydrogène vert et une puissance d’exportation d’énergie verte. Ces dernières années, nous avons déjà multiplié nos capacités éoliennes et photovoltaïques. D’ici 2030, nous voulons produire 10 % de l’hydrogène vert d’Europe », a ajouté M. Sánchez.

Selon lui, l’UE devrait mettre en œuvre « une réforme structurelle du marché de l’énergie, qui ne fonctionne pas. Il est également question d’un plafonnement des prix du gaz. Ce sont des mesures urgentes. »

« Mais nous devons réagir à deux crises majeures ces jours-ci : la crise énergétique causée par la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine et l’urgence climatique que nous vivons tous avec la sécheresse estivale. Les solutions doivent être appliquées aux deux crises, pas à l’une au détriment de l’autre », a-t-il conclu.