Plus d’un Slovaque sur trois pense que l’UE veut imposer la consommation d’insectes
Selon un nouveau sondage, plus d’un Slovaque sur trois pense que Bruxelles met en danger la santé publique en imposant l’ajout de protéines d’insectes dans les aliments à l’insu des consommateurs, bien que la Commission européenne ait tenté de démystifier ce canular.
Selon un nouveau sondage, plus d’un Slovaque sur trois pense que Bruxelles met en danger la santé publique en imposant l’ajout de protéines d’insectes dans les aliments à l’insu des consommateurs, bien que la Commission européenne ait tenté de démystifier ce canular.
Le sondage mené par Ipsos et réalisé pour l’Observatoire central européen des médias numériques (CEDMO) a également porté sur d’autres théories du complot. Ainsi, 37 % des Slovaques pensent que leur président a consulté les membres du nouveau gouvernement technocratique avec l’ambassade des États-Unis et 53 % estiment que la fraude électorale est « hautement possible ».
En ce qui concerne le mythe européen entourant les insectes, 36 % des personnes interrogées pensent que Bruxelles a l’intention d’obliger les entreprises à introduire des insectes dans les aliments qu’elles produisent, les électeurs d’extrême droite et les nationalistes étant ceux qui croient le plus à cette supercherie.
« Le même sondage a montré que les citoyens croient en masse à des désinformations diverses, souvent sans lien entre elles. [Ce phénomène] est dû à une grande confiance dans les médias dits alternatifs et à un fort soutien [apporté] aux partis politiques qui sont connus pour soutenir, partager et même créer de fausses nouvelles », ont commenté les auteurs du sondage dans une déclaration transmise à EURACTIV Slovaquie.
« Selon plusieurs enquêtes récentes, les Slovaques, comparés à leurs voisins, sont davantage prorusses et moins pro-occidentaux et pro-européens, ce qui explique en partie le succès de la désinformation anti-européenne », selon Ipsos et le CEDMO.
La Commission européenne a déjà tenté de démystifier la supercherie en février, notamment après que sa décision prise en janvier autorisant la vente de grillons et de larves en poudre pour la consommation humaine a suscité des spéculations concernant l’ajout d’insectes dans les aliments à l’insu des consommateurs.
« Il appartient aux consommateurs de décider eux-mêmes s’ils veulent manger des insectes ou non. Il est absurde qu’ils soient ajoutés secrètement aux aliments », a écrit la représentation slovaque de la Commission.
Selon la réglementation européenne en vigueur, l’ajout de poudre d’insectes dans les produits doit faire l’objet d’un étiquetage approprié et comporter des informations sur les réactions allergiques possibles pour les personnes allergiques aux crustacés, aux mollusques et aux acariens.
La République tchèque, pays voisin de la Slovaquie, croit également à ce canular : 30 % des citoyens tchèques croient en l’existence d’un projet visant à imposer la consommation d’insectes. Lors de la récente conférence des conservateurs à Budapest, l’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babiš a déclaré que Bruxelles obligeait les citoyens à « se rendre au travail à vélo et à manger des insectes au dîner ».