Pratiques trompeuses, personnalisation abusive… Les Européens veulent en finir avec les manipulations en ligne

Une grande majorité de consommateurs en ligne appelle l’UE à sévir contre les pratiques trompeuses et la personnalisation jugée abusive dans le cadre du futur règlement sur l’équité numérique (Digital Fairness Act), selon une analyse de la Commission européenne publiée vendredi 19 décembre à l’issue d’une consultation publique.

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Menée entre juillet et octobre, la consultation révèle que 72 % des répondants souhaitent l’adoption de nouvelles règles européennes contraignantes contre les pièges à utilisateurs (« dark patterns » en anglais), ces techniques de conception utilisées par les plateformes pour orienter subtilement — voire manipuler — le comportement des utilisateurs. Parmi eux, 82 % dénoncent la « fatigue du clic », tandis que 84 % pointent les fausses impressions de choix comme des pratiques nécessitant une intervention règlementaire de l’UE.

« L’espace numérique doit donner du pouvoir aux citoyens et refléter nos valeurs communes », a déclaré le commissaire chargé de la Consommation, Michael McGrath, dans des commentaires écrits adressés à Euractiv, soulignant que plus de 7 600 participants ont pris part aux discussions sur « la manière dont l’équité devrait être respectée en ligne ».

Au total, la Commission a analysé 3 341 réponses à la consultation publique. Le chiffre plus élevé mentionné par le commissaire inclut également les contributions recueillies via un processus parallèle d’« appel à témoignages » de l’exécutif de l’UE.

Les pratiques de personnalisation sont également au cœur des préoccupations. Sept répondants sur dix estiment que de nouvelles obligations juridiques sont nécessaires. Parmi eux, 86 % réclament un meilleur contrôle des consommateurs sur la publicité personnalisée, notamment grâce à des mécanismes clairs et simples d’adhésion et de retrait. Par ailleurs, 85 % jugent que la publicité ciblée exploitant les vulnérabilités des consommateurs devrait être limitée par une législation européenne spécifique.

En revanche, seuls 26 % des répondants ont soutenu les nouvelles mesures de l’UE visant à simplifier les règles existantes en matière de consommation afin de réduire les charges règlementaires pesant sur les entreprises.

« Nous nous appuierons sur ces travaux pour présenter une proposition ciblée et proportionnée », a expliqué le commissaire McGrath.

La Commission européenne prévoit de dévoiler sa proposition législative sur le règlement relatif à l’équité numérique d’ici la fin de l’année 2026.