Près d’un homme sur trois est infecté par le papillomavirus au cours de sa vie, selon une étude
Une étude a révélé que près d’un homme sur trois dans le monde est infecté par au moins un papillomavirus humain génital au cours de sa vie, ce qui démontre une fois de plus l’importance d’inclure les hommes dans les stratégies de vaccination.
Une étude a révélé que près d’un homme sur trois dans le monde est infecté par au moins un papillomavirus humain (HPV) génital au cours de sa vie, ce qui démontre une fois de plus l’importance d’inclure les hommes dans les stratégies de vaccination.
Publiée mardi (15 août) dans la revue scientifique de référence The Lancet, l’étude révèle que la prévalence mondiale de l’infection génitale par le HPV chez les hommes est de 31 % pour tous les HPV et de 21 % pour les HPV à haut risque. Ces résultats sont basés sur les données de 65 études menées entre le 1er janvier 1995 et le 1er juin 2022.
« Les hommes sexuellement actifs, quel que soit leur âge, sont fortement concernés par les infections génitales par le HPV », indique l’étude.
Les résultats soulignent la nécessité d’inclure les hommes dans des stratégies globales de prévention du papillomavirus afin de réduire la morbidité et la mortalité liées à cette infection et, à terme, d’éliminer le cancer du col de l’utérus et d’autres maladies qui y sont liées.
Le papillomavirus humain est l’infection virale sexuellement transmissible la plus répandue dans le monde : la plupart des hommes et des femmes sexuellement actifs contractent au moins un papillomavirus humain génital au cours de leur vie.
Plus de 200 types de HPV peuvent être transmis sexuellement, et au moins 12 d’entre eux sont cancérigènes.
Bien que la majorité des infections par le HPV chez les hommes et les femmes soient asymptomatiques, elles peuvent entraîner d’autres graves problèmes de santé, tels que le cancer du col de l’utérus ainsi que les cancers du pénis, de l’anus et de l’oropharynx.
Dans l’Union européenne, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent après le cancer du sein chez les femmes âgées de 15 à 44 ans.
Chaque année, on dénombre environ 33 000 cas de cancer du col de l’utérus dans l’UE et 15 000 décès. La principale cause du cancer du col de l’utérus réside dans une infection persistante du système reproducteur par certains types de papillomavirus humains (HPV).
Importance de la vaccination
Les vaccins contre le papillomavirus humain sont disponibles dans l’UE depuis 2006 et sont devenus de plus en plus accessibles au fil du temps en Europe et dans le monde entier. À l’heure actuelle, trois vaccins prophylactiques contre le papillomavirus humain bénéficient d’une licence d’utilisation en Europe : un vaccin bivalent, un vaccin quadrivalent et un vaccin à neuf valences, en fonction du nombre de types de papillomavirus qu’ils contiennent.
Le rapport de la revue Eurosurveillance a salué l’évolution globale des États membres de l’Union européenne et de l’Espace économique européen (EEE) vers une stratégie de vaccination contre le papillomavirus sans distinction de sexe. Davantage d’hommes sont également vaccinés, même si certains pays ne vaccinent encore que les femmes.
Selon le rapport, « la protection indirecte offerte par la vaccination des filles dont le taux de participation n’est pas optimal » n’est pas « suffisante pour protéger les hommes de manière adéquate ». En outre, cette stratégie ne tient pas compte des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. La vaccination des deux sexes permet de prévenir « les baisses soudaines de la couverture vaccinale » et serait plus efficace en vue de réduire la circulation du virus parmi le grand public, soulignent les auteurs du rapport.
L’Union européenne poursuit ses efforts pour éliminer le cancer, y compris les cancers évitables par la vaccination. Lancé en 2021 et considéré comme « un pilier essentiel de l’union européenne de la santé », le plan européen pour vaincre le cancer vise à vacciner au moins 90 % des filles contre le papillomavirus avant l’âge de 15 ans et à augmenter les taux de vaccination des garçons d’ici 2030.
Au troisième trimestre 2023, la Commission devrait présenter une recommandation du Conseil de l’UE sur les cancers évitables par la vaccination, qui portera sur le papillomavirus humain ainsi que sur certains cancers et l’hépatite B. Seront également comprises dans la recommandation : la réduction des obstacles physiques à la vaccination, une communication ciblée et la lutte contre la désinformation.
Selon la feuille de route de mise en œuvre qui sera mise à jour dans les prochains mois, le plan de vaccination est déjà en place et distribué.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]