Procès Bygmalion. « La campagne qui s’emballe, c’est une fable », dit Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy s’est montré catégorique devant le tribunal correctionnel ce mardi 15 juin, au procès de l’affaire Bygmalion, des dépenses excessives de sa campagne présidentielle en 2012.

Ouest-France
Former President Sarkozy in court for illegal campaign financing
« Est-ce que j’ai trafiqué ? Été imprudent ? Négligent ? Je réponds le « Non » le plus formel à tout ça. », a déclaré Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel. [<a href="https://www.epa.eu/photographers/yoan-valat" target="_blank" rel="noopener"> YOAN VALAT/EPA</a>]

Devant le tribunal correctionnel où il comparaît pour les dépenses excessives de sa campagne de 2012, l’ex-chef de l’État s’est défendu avec véhémence de tout excès.Un article de notre partenaire Ouest-France.

« Est-ce que j’ai trafiqué ? Été imprudent ? Négligent ? Je réponds le « Non » le plus formel à tout ça. » Nicolas Sarkozy s’est montré catégorique devant le tribunal correctionnel ce mardi 15 juin, au procès de l’affaire Bygmalion, des dépenses excessives de sa campagne présidentielle en 2012.

Très combatif durant les quatre heures passées à la barre, répondant d’une voix forte, à renforts de grands gestes, il a réfuté en bloc la thèse de l’accusation d’un « emballement » de sa campagne, avec la multiplication de meetings faisant exploser les dépenses. « C’est une fable », martèle Nicolas Sarkozy, rappelant avoir « fait autant de réunions publiques qu’en 2007 ». Et qui répète : « Il n’y a donc aucune raison que cela ait coûté le double. »

« Au moins 42,8 millions d’euros »

Les dépenses se sont élevées « à au moins 42,8 millions d’euros », selon l’enquête. Loin des 22,5 millions fixés par la loi. C’est pour masquer ce fort dépassement du plafond légal qu’un système de fausses factures, décrit à l’audience, a été mis en place, imputant à l’UMP une partie des frais de campagne au motif de conventions fictives du parti.

Une fraude dont Nicolas Sarkozy nie avoir eu connaissance. Il en a « incontestablement bénéficié » relève le juge d’instruction dans son ordonnance de renvoi, notant toutefois que « l’enquête n’a pas établi qu’il avait ordonné sa mise en place, ni qu’il y avait participé, ni même qu’il en avait été informé ».

« Je n’avais aucune raison de m’en préoccuper »

Contrairement aux treize autres prévenus, ex-cadres de Bygmalion, de l’UMP et comptables, qui comparaissent notamment pour escroquerie ou complicité, lui est jugé pour « financement illégal de campagne ». Il encourt un an de prison et 3 750 € d’amende.

On lui reproche d’avoir laissé filer les comptes malgré deux alertes des comptables. Ce qu’il conteste. Était-il informé de l’état des dépenses ? « Pas le temps pour un point comptable », dit-il, assurant n’être à la manœuvre que pour « l’orientation politique » de la campagne. « À partir du moment où tout le monde me disait que ça passait, je n’avais aucune raison de m’en préoccuper. »

Pour les meetings, « j’avais seulement deux exigences : une bonne sono pour ne pas me casser la voix […]. Et une bonne lumière pour ne pas paraître blafard à la télé », ajoute celui qui ne croit pas que la campagne « a coûté ce qu’on dit […] Il y a eu des fausses factures et des conventions fictives, c’est avéré », mais « l’argent n’a pas été dans ma campagne, sinon ça se serait vu. On aurait dit : « Sarkozy est devenu fou, il donne du caviar au public de ses meetings ».»