Serbie : professeurs et avocats se joignent aux étudiants pour manifester contre Aleksandar Vučić
Les manifestations menées par les étudiants serbes contre le président Aleksandar Vučić, réclamant justice pour l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad qui a tué 15 personnes en novembre dernier, ont pris de l’ampleur ce week-end.
Les manifestations menées par les étudiants serbes contre le président Aleksandar Vučić, réclamant justice pour l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad qui a tué 15 personnes en novembre dernier, ont pris de l’ampleur ce week-end.
À Novi Sad, la deuxième ville du pays, des professeurs, des citoyens et des étudiants se sont rassemblés ce samedi pour rendre hommage aux victimes de la tragédie de la gare. Ils ont ensuite entamé une marche de protestation intitulée « 4000 enseignants, 4000 pas » en soutien aux étudiants.
Les étudiants accusent le Parti progressiste serbe (SNS) au pouvoir de corruption et de népotisme. Malgré ses dénégations, le président Aleksandar Vučić fait face à une plainte pénale pour incitation à la violence, déposée par une organisation de la société civile après qu’un conducteur a foncé sur une manifestation d’étudiants à Belgrade jeudi, blessant une personne.
« Il est de notre devoir, en tant que professeurs, de soutenir inconditionnellement les étudiants dans leurs revendications pour une société meilleure et plus juste », a affirmé la professeure Ljubica Oparnica, de la faculté de Sombor, devant le rectorat à Novi Sad, cité par le média indépendant local N1.
« Il est temps d’entrer dans une nouvelle ère… Croyez-moi, le changement arrive », a-t-elle annoncé aux personnes rassemblées.
Les avocats ont eux aussi apporté leur soutien aux étudiants qui manifestaient, l’association du barreau de Serbie a voté à l’unanimité la suspension de leur travail pendant sept jours.
Vladimir Beljanski, président de l’ordre des avocats de la province de Voïvodine — région septentrionale serbe dont Novi Sad est le chef-lieu — a déclaré que la profession juridique avait une position unifiée sur cette question.
Des manifestations similaires se poursuivent dans la capitale, Belgrade, et ailleurs dans le pays, avec notamment un blocus de la faculté de droit de l’université de Kragujevac mené par des étudiants.
« L’argent de l’Occident »
Les étudiants en grève ont fait état de pressions de la part de l’intelligence serbe et d’Aleksandar Vučić, qui a accusé les étudiants de recevoir de l’argent de l’Occident pour leurs manifestations.
Les médias pro-gouvernementaux ont même été jusqu’à publier les données personnelles de certains manifestants, ce qui n’aurait probablement pas été possible sans l’implication de la BIA, les services secrets serbes.
Les leaders du mouvement étudiant, les frères jumeaux Lazar et Luka Stojaković, se sont fait connaître du grand public lorsque le quotidien Vecernje Novosti a publié des informations tirées de leurs passeports croates, affirmant que les frères étaient payés par les services secrets croates.
Vendredi, à Belgrade, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés devant le siège de la télévision publique RTS pour dénoncer son parti pris pro-gouvernemental.
[AM]