Protection des chiens et chats : le Parlement européen adopte sa position
Les députés européens ont soutenu les toutes premières règles européennes visant à protéger les chats et les chiens, en luttant contre le trafic illégal et en fixant des normes contraignantes pour les éleveurs.
Dans un élan majeur en faveur du bien-être des animaux de compagnie en Europe, les députés européens ont massivement soutenu jeudi 19 juin les toutes premières règles européennes visant à protéger les chats et les chiens, en luttant contre le trafic illégal et en fixant des normes contraignantes pour les éleveurs.
La proposition a été adoptée à une large majorité : 457 voix pour, 17 contre et 86 abstentions.
Cette large majorité témoigne de l’unité du Parlement « pour protéger le bien-être des chiens et des chats », a déclaré l’élue tchèque Veronika Vrecionová (Conservateurs et Réformistes européens, CRE), rapporteure sur ce dossier, à l’issue du vote jeudi.
La Commission européenne avait présenté le projet de texte en décembre 2023, dans le but d’harmoniser les normes fragmentées en matière de bien-être animal en Europe. Avec plus de 40 % des Européens possédant un animal de compagnie, les enjeux sont importants : le commerce illégal de chats et de chiens est estimé à 1,3 milliard d’euros par an, alimenté par des pratiques cruelles telles que le confinement des animaux dans des cages exiguës, le refus de leur donner à manger et le non-respect des vaccinations.
« L’obligation générale d’implanter une puce électronique et d’enregistrer les chiens et les chats mettra un terme aux pratiques des commerçants sans scrupules », a affirmé l’eurodéputée allemande Manuela Ripa (Parti populaire européen), ajoutant que même les petits éleveurs devront désormais se conformer aux normes en matière de bien-être animal.
« C’est ainsi que nous lutterons efficacement contre le commerce illégal et les usines à chiots », a déclaré Manuela Ripa à Euractiv.
Cette législation est l’un des deux dossiers clés de la réforme plus large de l’UE en matière de bien-être animal, aux côtés d’une proposition de réforme des règles sur le transport des animaux.
Certains ronronnent, d’autres grognent
Mais tous les eurodéputés ne se réjouissent pas de ces nouvelles règles. Le texte du Parlement comprend plusieurs exceptions qui ont suscité les critiques des associations de défense des animaux, entre autres.
Les chiens de chasse, par exemple, restent exemptés de dispositions plus strictes, notamment l’interdiction des mutilations telles que l’ablation des oreilles et de la queue. Ils sont également soumis à des protocoles d’euthanasie moins stricts.
Parmi les autres compromis, la suppression des exigences en matière de température pour les installations d’élevage, l’autorisation d’élever dès le deuxième cycle de chaleur (au lieu du minimum de 18 mois initialement proposé) et le fait de ne pas introduire une liste des races autorisées ont également été critiqués.
Les militants ont néanmoins salué le vote au Parlement comme une avancée attendue de longue date. « Nous faisons pression pour cette loi depuis 2007 », a rappelé Joe Moran, directeur du groupe de défense des droits des animaux Four Paws, qualifiant le résultat de « point culminant […] d’une excellente loi qui sera issue des prochains trilogues [les discussions entre la Commission, le Conseil et le Parlement, NDLR] ».
Le Conseil ayant adopté sa position sur la proposition législative l’année dernière, les négociations interinstitutionnelles peuvent désormais commencer afin de finaliser la loi.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]