Protection des cultures contre les maladies : les eurodéputés votent pour la mise en place d’une équipe d’urgence européenne

Les eurodéputés ont voté en séance plénière du Parlement européen mercredi (24 avril) une modification du règlement sur la santé des plantes, prévoyant la mise en place d’une équipe d’urgence de l’UE pour prévenir et endiguer l’arrivée d’organismes dangereux pour les cultures.

Euractiv France
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« Nous devons maintenant améliorer le fonctionnement du règlement afin de conserver un niveau de protection phytosanitaire élevé dans toute l’UE », a expliqué Clara Aguilera, eurodéputée socialiste (S&D) et rapporteure du texte avant le vote.

Les eurodéputés ont voté en séance plénière du Parlement européen mercredi (24 avril) une modification du règlement sur la santé des plantes, prévoyant la mise en place d’une équipe d’urgence de l’UE pour prévenir et endiguer l’arrivée d’organismes dangereux pour les cultures.

Le texte, voté avec 551 voix pour, 24 contre et 15 abstentions, renforce ce que l’on appelle communément la « législation sur la santé des plantes », un règlement datant de 2019 définissant les règles permettant de lutter contre la propagation d’organismes nuisibles aux végétaux.

« Nous devons maintenant améliorer le fonctionnement du règlement afin de conserver un niveau de protection phytosanitaire élevé dans toute l’UE », a expliqué Clara Aguilera, eurodéputée socialiste (S&D) et rapporteure du texte avant le vote.

Avec l’intensification des échanges commerciaux et le réchauffement climatique, la circulation des parasites nuisibles pour les plantes s’intensifie.

Le plus emblématique, la bactérie Xylella fastidiosa a décimé en l’espace d’une dizaine d’années un tiers des oliviers des Pouilles, région italienne où était produit un tiers de l’huile d’olive du pays. Ces dégâts ont été évalués à un milliard d’euros.

Pendant que cette bactérie s’en prend gravement aux oliviers italiens, espagnols et français, une autre — Hymenoscyphus fraxineus — décime les frênes en Pologne, et Candidatus Liberibacter solanacearum les carottes et céleris de 13 pays européens, de la Finlande à l’Espagne.

Devant l’ampleur des dégâts économiques et environnementaux, la Commission a proposé une modification du règlement en 2023, afin de renforcer la prévention et répondre efficacement aux urgences lors de l’identification d’un parasite.

Équipe d’urgence

La création d’une équipe d’urgence phytosanitaire de l’Union a été ajoutée au texte à la demande de la commission de l’Agriculture et du Développement rural (AGRI).

Composée d’experts de différentes spécialités nommés par la Commission européenne sur proposition des États membres, celle-ci viendrait en soutien aux États membres et aux pays limitrophes afin de trouver des solutions en cas de découverte de foyers d’organismes nuisibles.

Cela concerne les organismes dits « de quarantaine », c’est-à-dire non présents dans l’UE, mais aussi ceux qui sont déjà présents et très surveillés (les « organismes règlementés non de quarantaine »).

« Cette équipe est cruciale », insiste Clara Aguilera dans l’hémicycle, rappelant que cela existe déjà pour la santé animale. « Tout ce qui améliore la santé des végétaux est bon pour notre alimentation future », ajoute-t-elle.

Outre cette équipe, le texte imposera aux États de déclarer les mesures prises dans un certificat phytosanitaire, et de mener régulièrement des enquêtes sur les risques afin d’améliorer à terme la détection des organismes nuisibles.

Avant d’entrer en vigueur, le règlement doit d’abord être approuvé par le Conseil.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]