La presse indépendante sous pression en Bulgarie
Ivo Prokopiev, propriétaire de deux grands journaux bulgares, demande que des observateurs internationaux soient informés des enquêtes récemment ouvertes sur ses entreprises.
Ivo Prokopiev, propriétaire de deux grands journaux bulgares, demande que des observateurs internationaux soient informés des enquêtes récemment ouvertes sur ses entreprises.
En décembre 2011, la commission bulgare pour la confiscation des biens acquis illégalement (KONPI), un organisme public fraîchement créé, avait saisi les biens d’Ivo Prokopiev.
En 2012, il se voyait contraint de revendre Kaolin, l’activité la plus rentable de son portefeuille. De quoi payer les dettes accumulées de son hebdomadaire Capital et son site web Dnevnik, partenaire d’Euractiv en Bulgarie, qui font partie du groupe Economedia.
Le 26 octobre, le parquet bulgare a annoncé engager des poursuites à l’encontre d’Ivo Prokopiev, pour blanchiment d’argent. Les procureurs bulgares lui reprochent la vente de sa société Kaolin au groupe allemand Quarzwerke.
Pour M. Prokopiev, les accusations portées contre lui sont absurdes et ne tiendront pas devant les tribunaux. Il ajoute qu’il a saisi la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg au sujet de ces saisies.
Le KONPI a commencé à enquêter sur l’affaire Kaolin il y a un an seulement, en partant du principe que le fruit de l’opération était illégal car, selon les enquêteurs, Kaolin avait été privatisé illégalement en 2000, et que par conséquent, toutes les transactions ultérieures étaient illégales.
Selon l’éditeur, les nouvelles attaques dont il a été victime sont liées à une enquête publiée par son hebdomadaire Capital la semaine précédente, sur ce qui semble être un abus de biens sociaux par un homme d’affaires basé à Plovdiv, qui lui aurait rapporté un bénéfice estimé à environ 50 millions d’euros.
Pour M. Prokopiev, les attaques dont il fait l’objet visent à réduire au silence les quelques rares médias indépendants encore présents en Bulgarie, en s’en prenant à leurs éditeurs. Il a évoqué le quotidien Sega et le magazine et site Web ClubZ, également pris pour cibles.
Déjà en décembre 2017, Euractiv faisait état de tentatives présumées de museler les journalistes bulgares, et de faire fermer des médias considérés comme hostiles au gouvernement de Boyko Borissov.
Depuis l’adhésion du pays à l’UE en 2007, la liberté de la presse s’y est constamment détériorée. Il occupe désormais la 111e place du classement 2018 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.
Le 13 novembre, la Commission européenne présentera son rapport sur l’État de droit en Bulgarie, dans le cadre du mécanisme dit de coopération et de vérification.