« Qatargate » : depuis sa cellule, Marc Tarabella clame son innocence

Après avoir été entendu par les enquêteurs et placé en détention préventive vendredi, l’eurodéputé belge Marc Tarabella a été entendu ce week-end par le juge d’instruction en charge du dossier du scandale du « Qatargate ».

Euractiv.com
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Samedi (11 février), l’eurodéputé belge Marc Tarabella a été entendu par le juge d’instruction dans le cadre de l’affaire du Qatargate. Son avocat, Maxim Toller, a déclaré que cette audition s’était « bien passée » et qu’il avait « répondu à toutes les questions des enquêteurs en toute franchise et dans un climat serein ». [OLIVIER HOSLET/EPA-EFE]

Après avoir été entendu par les enquêteurs et placé en détention préventive vendredi, l’eurodéputé belge Marc Tarabella a été entendu ce week-end par le juge d’instruction en charge du dossier du scandale du « Qatargate ».

Vendredi (10 février), dans la matinée, des enquêteurs de la police judiciaire fédérale se sont présentés au domicile de Marc Tarabella — accusé d’être impliqué dans le système de corruption lié à des puissances étrangères mis en place au sein même du Parlement européen.

Un des coffres-forts de l’eurodéputé belge a également été inspecté, tout comme de multiples bureaux de la maison communale de la ville dont il est maire.

Entendu par les enquêteurs vendredi, il a ensuite passé une nuit en cellule. Samedi (11 février), il a été entendu par le juge d’instruction. Selon Le Soir, l’avocat de M. Tarabella, Maxim Toller, a déclaré que cette audition s’était « bien passée » et qu’il avait « répondu à toutes les questions des enquêteurs en toute franchise et dans un climat serein ».

« Aucun nouvel élément permettant de corroborer les accusations de transmission d’argent n’a été présenté, rien de nouveau n’a d’ailleurs été présenté. Le seul élément à charge est les propos de [Antonio] Panzeri à l’encontre de mon client », a déclaré M. Toller.

« [Marc Tarabella] continue de clamer son innocence, il dit ne jamais avoir reçu d’argent ou de cadeaux en échange de faveur, et rappelle ne rien avoir à se reprocher. C’est la parole d’un criminel, M. Panzeri, contre la parole d’un homme qui a été honnête toute sa vie », a-t-il poursuivi.

Le Belge a été accusé par l’ancien eurodéputé italien Antonio Panzeri (S&D) d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent en échange d’un assouplissement de sa position sur le Qatar et notamment sur le fait que l’Émirat accueille la Coupe du monde 2022 de la FIFA. Le 11 décembre 2022, son domicile avait déjà été perquisitionné par les enquêteurs mais rien de suspect n’y avait été trouvé.

Depuis les premiers jours du scandale, M. Tarabella clame son innocence.

Cela ne l’a toutefois pas empêché d’être exclu de son parti national, le Parti socialiste (PS), et de son groupe au Parlement européen, les Socialistes et Démocrates (S&D). Il est ainsi devenu un membre non inscrit de l’institution.

Le 2 février, son immunité parlementaire a été levée à la demande des autorités belges, une décision soutenue par M. Tarabella lui-même. Cette décision a permis à la justice de procéder à son audition et à sa mise en détention.

Le maintien de M. Tarabella en détention préventive sera examiné jeudi (16 février) par la chambre du conseil de Bruxelles.

L’eurodéputé belge est accusé de corruption publique, de blanchiment d’argent et d’appartenance à une organisation criminelle.

Dimanche (12 février), Paul Magnette, président du PS, s’est exprimé sur RTL au sujet de M. Tarabella. Pour lui, l’exclusion de l’eurodéputé du PS est un signal clair qu’il n’y a « pas de place pour la corruption et les abus » au sein de son parti.

Toutefois, M. Magnette a reconnu que l’exclusion préventive, avant que la lumière ne soit faite sur les accusations, était « dure ». Il a expliqué que si ce dernier venait finalement à être innocenté, il pourrait être réintégré au parti.