Réforme des retraites : les groupes LIOT et PS veulent jouer les trouble-fête
Les groupes LIOT et PS ont annoncé le dépôt de deux propositions de loi visant à abroger la réforme des retraites, malgré sa validation par le Conseil constitutionnel et sa promulgation vendredi dernier.
Les groupes LIOT et PS ont annoncé le dépôt de deux propositions de loi visant à abroger la réforme des retraites, malgré sa validation par le Conseil constitutionnel et sa promulgation vendredi dernier (14 avril).
La réforme des retraites devrait bien entrer en vigueur à l’automne, mais les oppositions ne tarissent pas d’idées pour la contrer. Refusant de tourner la page, les organisations syndicales et les partis de gauche appellent à poursuivre la mobilisation dans les rues, au moins le 1er mai prochain.
Sur le front parlementaire, le groupe de députés indépendants et ultramarins LIOT, qui avait failli faire tomber le gouvernement par sa motion de censure à la suite du déclenchement de l’article 49.3 de la Constitution par la Première ministre Elisabeth Borne en mars, et le groupe du Parti socialiste à l’Assemblée tentent l’un des derniers coups pour faire reculer l’exécutif.
Les socialistes ont en effet déposé mardi (18 avril) une proposition de loi visant à abroger la mesure principale de la réforme promise et voulue par Emmanuel Macron, à savoir le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans.
Les indépendants de LIOT déposeront un texte semblable jeudi (20 avril), selon les informations du journal Le Parisien, confirmées par la suite.
Issue positive improbable
Le texte socialiste a peu de chances d’être examiné sous des délais brefs, étant donné que le gouvernement participe à la constitution de l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée et que la niche parlementaire du PS — journée réservée à un groupe qui choisit librement quels textes présenter — est déjà passée.
D’où l’intérêt de la proposition du groupe LIOT, dont la niche parlementaire est le 8 juin prochain. Le gouvernement n’a alors aucune influence sur l’ordre des travaux parlementaires ce jour-là, qui sera à la seule discrétion du groupe parlementaire.
En tout état de cause, si la proposition est examinée, elle ne nécessite qu’une majorité simple des députés présents dans l’Hémicycle pour être adoptée, rendant son adoption plus facile que celle d’une motion de censure sur un texte, qui nécessite la majorité absolue des membres de l’Assemblée pour rejeter le texte et renverser le gouvernement par la même occasion.
Mais, en admettant qu’une telle proposition puisse être adoptée par les députés — ce qui n’est, encore une fois, pas certain —, elle doit ensuite être adoptée par le Sénat. Or, la chambre haute étant à majorité de droite et ayant soutenu la réforme du gouvernement d’Elisabeth Borne, un vote positif sur l’abrogation du recul de l’âge de départ en retraite est improbable, ce que confirment deux sources du Sénat contactées par EURACTIV.
Cette initiative est donc davantage symbolique, afin d’accroître la pression sur le gouvernement et sur le président, dont les déplacements sont régulièrement chahutés.
Un des derniers espoirs pour les opposants au gouvernement et à la réforme réside, dès lors, dans le dépôt d’une nouvelle motion de censure après la reprise des travaux par l’Assemblée le 2 mai prochain. Le groupe La France insoumise a indiqué vouloir procéder en ce sens avec ses alliés de la NUPES et être en discussion avec le groupe LIOT, dont la dernière motion avait échoué de peu, à 9 voix près.
La gauche compte sur le ressentiment d’une partie des Républicains (droite) pour rallier les voix manquantes, le Conseil constitutionnel ayant censuré la plupart des mesures obtenues par la droite.