« Règle d’or » budgétaire pour l’Italie

Rome s’est engagée mardi (6 septembre) à augmenter la TVA et à inclure un amendement relatif à l’équilibre budgétaire dans sa constitution afin de limiter la dette. Ces mesures ont été saluées par la Commission européenne, tandis que des milliers de personnes défilaient pour protester contre les mesures d’austérité.

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Rome s’est engagée mardi (6 septembre) à augmenter la TVA et à inclure un amendement relatif à l’équilibre budgétaire dans sa constitution afin de limiter la dette. Ces mesures ont été saluées par la Commission européenne, tandis que des milliers de personnes défilaient pour protester contre les mesures d’austérité.

Sous l’intensification de la pression des marchés sur les obligations italiennes, Silvio Berlusconi, premier ministre du gouvernement de centre-droit, a cédé aux exigences de renforcement des mesures visant à équilibrer le budget d'ici 2013.

La TVA sera relevée d'un pour cent, passant de 20 à 21 %, et un impôt spécial sera prélevé sur les revenus excédant 500 000 euros, selon une déclaration du cabinet du premier ministre.

Cette déclaration précise également que les ministres approuvent l'introduction dans la constitution d'une règle d'or d'équilibre budgétaire et le transfert aux régions de fonctions administratives des provinces, afin d’alléger l’administration locale.

D'autres modifications impliquent un report de l'âge de la retraite pour les femmes employées dans le secteur privé à partir de 2014.

Un vote de confiance sera effectué et devrait faire passer ces lois au sénat mercredi, ce qui permettra d'apaiser quelque peu les esprits avant la réunion de jeudi du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, qui a exhorté Rome à agir.

L'approbation de la chambre basse sera également nécessaire pour faire passer ces lois.

Une action saluée par la Commission…

La Commission européenne a déclaré mardi qu'elle soutenait les mesures d'austérité supplémentaires dévoilées par le gouvernement italien, et en a demandé l'adoption rapide.

« [Ces mesures] confirment la détermination des autorités italiennes à atteindre les objectifs convenus de réduction du déficit et de la dette, tout en luttant contre les faiblesses structurelles profondes de l'économie italienne », a déclaré l'exécutif européen dans une déclaration.

« La confirmation de cette décision d'introduire dans la constitution un principe d'équilibre budgétaire et la suppression des provinces sont des améliorations décisives pour le cadre institutionnel de l'Italie, qui contribueront à assurer une discipline budgétaire de manière permanente », poursuit la déclaration.

La Commission a qualifié l'initiative de repousser l'âge de la retraite comme un signe fort, et a demandé l'adoption rapide des lois d'ajustement.

…au milieu des protestations de la population

Tandis que le gouvernement s'empressait d’apporter des changements de dernière minute au paquet législatif, les manifestants se sont rassemblés dans près de 100 villes pour protester contre les coupes budgétaires, répondant à l’appel du plus grand syndicat italien, la CGIL.

Les protestations en Italie n'ont pas égalé les manifestations des « indignados » espagnols ou encore les rassemblements massifs autour de la place Syntagma à Athènes, mais la grève d'aujourd'hui libère une colère sourde au vu du fardeau qui pèse sur les épaules de tous les Italiens, après plus d'une décennie de marasme économique.

« Ce n'est pas normal de s'en prendre à des gens comme moi. Je suis au seuil de la pauvreté. Je gagne seulement 1 000 euros par mois », a déclaré Marco Vacca, employé de 49 ans dans une blanchisserie industrielle, qui a rejoint des milliers de personnes à la gare centrale de Rome.

La CGIL, qui n'a pas été rejointe par des syndicats plus modérés, a déclaré que près de 58 % des travailleurs étaient en grève dans des secteurs affectés, un chiffre semblable à ceux des autres protestations de l'année.

Division

Ces nouvelles mesures d'austérité doivent encore être approuvées par le parlement.

Le gouvernement de Silvio Berlusconi, qui se targuait jusqu'à récemment d’avoir préservé l'Italie de la crise, a été bien en peine de protéger le pays de la pression des marchés, entravé par de fortes divisions dans ses propres rangs sur des questions comme le budget et les retraites.

Des mesures, allant d’un impôt sur la fortune au report de l'âge de la retraite pour certains diplômés universitaires, en passant par des réductions budgétaires de gouvernements locaux et la suppression de petits conseils municipaux, ont été proposées et abandonnées à une vitesse fulgurante.

EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais