Relents anti-allemands d’Arnaud Montebourg

L’ancien candidat à la primaire socialiste, Arnaud Montebourg s’en est violemment pris à l’Allemagne qu’il accuse de vouloir "dominer" l’Europe. L’eurodéputé Daniel Cohn Bendit a vivement dénoncé ces termes dignes d’un "Front national de gauche".

EURACTIV.fr
e88709ef55960b8f7963c00512882aa3.jpg
e88709ef55960b8f7963c00512882aa3.jpg

L’ancien candidat à la primaire socialiste, Arnaud Montebourg s’en est violemment pris à l’Allemagne qu’il accuse de vouloir « dominer » l’Europe. L’eurodéputé Daniel Cohn Bendit a vivement dénoncé ces termes dignes d’un « Front national de gauche ».

Les propos n’auraient rien eu d’exceptionnels s’ils étaient venus de l’extrême droite. Mais, mercredi 30 novembre, c’est un membre du Parti socialiste, Arnaud Montebourg, qui s’est lancé dans une violente diatribe anti-allemande. 

La ruine de l’Europe 

Lors d’une interview sur le plateau de « Questions d’Info » (LCP/France Info/Le Monde/AFP), le député de Saône-et-Loire a déclaré au sujet de la crise en Europe que « la question du nationalisme allemand [était] en train de resurgir à travers la politique à la Bismarck employée par Mme Merkel ».

Selon lui, la chancelière allemande cherche « à construire la confrontation pour imposer sa domination (…). Mme Merkel a décidé d’imposer à la zone euro un ordre allemand (…) C’est l’importation des exigences, des diktats allemands sur ce qui restera de la zone euro après avoir expulsé les pays qui ne peuvent pas s’en sortir ». 

Enfonçant le clou, il a ajouté que « c’est sur notre ruine que l’Allemagne fait sa fortune ». 

FN de gauche

Arnaud Montebourg estime par conséquent qu’il est temps que la France assume « la confrontation politique face à l’Allemagne » et qu’elle défende ses valeurs. « Si l’Allemagne réussit à imposer la cure grecque à tous les pays, y compris la France, vous aurez la montée du populisme, des nationalismes dans tous les pays et de l’extrême droite ».

Ces déclarations ne sont pas passées inaperçues en Allemagne. Elles ont notamment été reprises par Die Welt, l’un des trois plus grands quotidiens allemands, qui titre « Scharfe Attacke », « attaque sévère ». 

En France, c’est l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, élu français mais de nationalité allemande, qui a réagi le plus directement aux propos de l’ancien candidat à la primaire socialiste. 

Pour le co-président du groupe des Verts au Parlement européen, « il est vrai que l’hégémonie de l’économie allemande pose un problème. Mais, là, Montebourg sombre dans le nationalisme au clairon qui ne sert qu’à raviver des sentiments qu’on croyait définitivement derrière nous. C’est du mauvais cocorico. Il fait du Front national à gauche ». 

Divergences 

Depuis le début de la crise, Paris et Berlin tentent d’afficher leur unité et d’agir en moteur de l’Union européenne. A tel point que d’autres pays dénoncent le « directoire franco-allemand ». L’expression « Merkozy » est devenue courante. Pourtant, dans les faits, les divergences entre les deux États restent importantes.

La France voudrait que la réforme des traités, actuellement discutée, permette à la Banque centrale européenne de jouer un rôle plus important dans la crise, en rachetant de la dette, alors que Berlin s’y oppose fermement.