Renflouement de plus en plus probable pour les banques irlandaises
L'Irlande a lancé des discussions avec les autorités de l'UE et du FMI sur un plan de sauvetage visant la restructuration de son secteur bancaire, ont déclaré les ministres des finances de l'Union hier (16 novembre), espérant calmer les craintes d'une contagion des autres membres de la zone euro en difficulté.
L'Irlande a lancé des discussions avec les autorités de l'UE et du FMI sur un plan de sauvetage visant la restructuration de son secteur bancaire, ont déclaré les ministres des finances de l'Union hier (16 novembre), espérant calmer les craintes d'une contagion des autres membres de la zone euro en difficulté.
Les ministres des finances de la zone euro se sont accordés mardi pour jeter les bases d'un renflouement de l'Irlande avec le FMI mais ils ont précisé que Dublin devrait décider de faire appel ou non à cette aide.
Les ministres ont dit qu'ils étaient d'accord pour que la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international débute une mission cette semaine en Irlande dont la crise de la dette pourrait menacer les autres Etats de la zone euro et la stabilité de cette zone.
Le président d'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui a présidé les discussions mardi, a dit que les 16 Etats de la zone euro étaient prêts à agir si l'Irlande le demandait.
"C'est au gouvernement irlandais de prendre une décision" sur l'utilisation ou non des 440 milliards d'euros du Fonds européen de stabilité financière (FESF) établi en mai lors de la crise de la dette grecque, a déclaré M. Juncker.
"Les discussions entre l'Irlande, la Commission, la BCE et le FMI nous permettront d'avoir à disposition tous les éléments et tous les instruments dont nous aurons besoin si l'Irlande demande de l'aide à l'UE, au FMI et à l'Eurogroupe", a-t-il dit lors d'une conférence de presse après les discussions.
L'Irlande résiste aux pressions
Avant que les ministres se rencontrent à Bruxelles, le premier ministre irlandais, Brian Cowen, a résisté aux pressions et n'a pas demandé de renflouement de l'Etat mais il a précisé que cette aide pourrait être nécessaire pour le secteur bancaire qui est en grande partie responsable de l'énorme déficit budgétaire du pays.
A Dublin, M. Cowen a dit que le gouvernement était totalement financé jusqu'à mi-2011 et il a insisté sur le fait que seules les banques pourraient avoir besoin d'aide.
"Le coût de l'argent est simplement trop élevé", a dit M. Cowen au parlement. Il a déclaré qu'ils discutaient avec leurs partenaires européens pour savoir quelles mesures de stabilisation pourraient être nécessaires.
Les banques irlandaises dépendent de plus en plus du financement de la Banque centrale européenne alors que d'autres banques commerciales sont réticentes à leur prêter de l'argent suite à la crise financière en Grèce.
L'aide pourrait concerner plus que le secteur bancaire
Le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a déclaré que l'exécutif de l'UE, la BCE et le Fonds monétaire international travaillaient sur des moyens "pour résoudre les problèmes du secteur bancaire irlandais".
Toutefois, des sources dans la zone euro ont déclaré que même si la mission se focalisait principalement sur une aide pour le secteur bancaire, il y avait un accord de principe visant à accorder une aide à l'Irlande lorsque la mission aurait terminé ses consultations et que cette aide ne serait pas uniquement un programme pour les banques.
Klaus Regling, président-directeur général du Fonds européen de stabilité financière (FESF), a dit qu'il pensait que le financement pourrait être disponible "très rapidement" si l'Irlande le demandait.
"Très rapidement signifie en quelques jours", a dit M. Regling lors d'une conférence de presse après les discussions de mardi.
S'exprimant après la réunion, la ministre française de l'économie, Christine Lagarde, a déclaré qu'elle n'avait pas de calendrier exact dans la mesure où le travail était en route et qu'il s'intensifiait de manière rapide et ciblée afin d'explorer toutes les mesures nécessaires.
"Si vous me demandez s'il est question de six mois ou de quelques jours, je dirais que nous sommes plus proches des quelques jours que des six mois".
La BCE et certains autres Etats de la zone euro veulent que Dublin prenne rapidement une décision sur la demande d'une aide car des signes montrent que la contagion affecte d'autres pays en difficulté comme le Portugal et plus récemment l'Espagne.
Cependant, Olli Rehn a insisté sur le fait que la situation dans ces pays était "très différente" dans la mesure où l'Irlande doit principalement faire face à des problèmes dans le secteur bancaire alors que les difficultés du Portugal concernent la consolidation fiscale et les réformes structurelles.
Pas de "décote" pour les obligataires
M. Juncker a également démenti le fait que les obligataires privés devraient partager les souffrances d'un éventuel défaut de la dette souveraine irlandaise en acceptant une "décote" de leurs avoirs.
Cette idée, lancée plus tôt par la chancelière allemande Angela Merkel, avait perturbé les marchés obligataires qui avait vu ce débat comme les prémices d'un défaut potentiel dans des pays de l'eurozone comme l'Irlande, le Portugal ou la Grèce.
Cependant, M. Juncker a dit que Mme Merkel avait été mal comprise. Le secteur privé ne sera pas impliqué pour la Grèce, l'Irlande ou le Portugal, a-t-il souligné.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)