Roumanie : une « grande coalition » au pouvoir jusqu'en 2012 [FR]
Hier 14 décembre, les deux partis qui ont gagné le plus de sièges au Parlement roumain lors des élections du 30 novembre se sont mis d'accord sur le fait qu'une grande coalition à l'allemande dirigera le pays jusqu'en 2012. Reportage d'EURACTIV Roumanie.
Hier 14 décembre, les deux partis qui ont gagné le plus de sièges au Parlement roumain lors des élections du 30 novembre se sont mis d’accord sur le fait qu’une grande coalition à l’allemande dirigera le pays jusqu’en 2012. Reportage d’EURACTIV Roumanie.
Le PDL (démocrates libéraux proches du président Traian Basescu) et le PSD (socio-démocrates jusqu’à présent dans l’opposition), qui étaient auparavant des adversaires, ont signé un accord de coalition dénommé « un partenariat pour la Roumanie ».
La coalition détiendra une majorité de deux tiers des sièges au Parlement : en effet, le PDL a remporté 115 sièges dans la Chambre basse composée de 334 membres ; le PSD, quant à lui, en a gagné 114. Disposant de seulement 65 sièges, le parti national libéral de l’actuel Premier ministre Calin Popescu Tariceanu a perdu sa majorité et il doit désormais faire partie de l’opposition.
L’accord de coalition vise à garantir un climat de stabilité dans le pays dans un contexte de crise économique internationale. La monnaie nationale roumaine s’est affaiblie récemment face à l’euro, et les investisseurs internationaux sont devenus plus prudents que les années précédentes. Selon les économistes, l’économie roumaine est vulnérable en raison de sa dépendance aux devises étrangères.
La croissance de l’économie roumaine s’est chiffrée à 9,1 % dans le troisième quadrimestre de 2008, ce qui représente une moyenne bien plus élevée que celles des autres pays d’Europe de l’Ouest. Mais selon les observateurs, ce taux de croissance ne peut pas durer dans le long terme en raison des déficits à deux chiffres des échanges courants et de la forte inflation.
La coalition souhaite également promouvoir l’emploi, développer une administration publique plus dynamique ainsi qu’une meilleur infrastructure, améliorer la sécurité énergétique et instaurer des mesures sociales. Un paragraphe spécifique de l’accord vise à garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire.
En effet, le prochain ministre de la Justice devrait être « indépendant », c’est-à-dire qu’il devra arranger à la fois le PDL et le PSD, affirme le quotidien Ziua. C’est la raison pour laquelle Monica Macovei, qui est très respectée à l’Ouest pour ces continuelles réformes judiciaires et ses efforts pour lutter contre la corruption (EURACTIV 23/05/08), ne pourra pas entrer dans le cabinet, indique le quotidien
Aujourd’hui, la démocratie roumaine montre que nous sommes devenus plus matures, fait remarquer le dirigeant du PSD Mircea Geoana. La solution que nous avons trouvée est la seule qui puisse garantir que la Roumaine soit dotée d’une stabilité et d’un gouvernement compétent, a-t-il relevé. Selon lui, il s’agit d’une réponse extraordinaire à une situation extraordinaire.
Le PDL ainsi que le PSD ont compris que le temps des disputes est révolu, a indiqué le dirigeant du PDL Emil Boc. Nous sommes partenaires, mais nous serons toujours des concurrents politiques, a-t-il ajouté.
Les partenaires de coalition se sont mis d’accord sur le fait qu’ils présenteront des candidats différents pour les élections présidentielles de 2009.