Santé mentale : lancement d’une initiative citoyenne pour l’usage médical des psychédéliques en janvier 2025

PsychedeliCare a choisi la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, pour annoncer le lancement en janvier d’une initiative citoyenne pour l’usage médical des psychédéliques dans l’UE. L’objectif : collecter un million de signatures pour inciter la Commission à se saisir du sujet.

EURACTIV.com
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L’organisation recueille des recherches sur les avantages de la thérapie psychédélique assistée (PAT) depuis 2022. [© Shutterstock Image: Ratana21]

PsychedeliCare a choisi la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, pour annoncer le lancement le 14 janvier 2025 d’une grande initiative citoyenne pour l’usage médical des psychédéliques dans l’Union européenne (UE). L’objectif est de collecter un million de signatures pour inciter la Commission à se saisir du sujet.

« Nous ne cherchons pas à légaliser les psychédéliques à des fins récréatives », explique Théo Giubilei, fondateur de l’initiative PsychedelicCare, « mais uniquement pour raisons médicales et pour les personnes pour lesquelles tous les autres traitements ont échoué ».

PsychedelicCare est un groupe de professionnels de la santé, de militants pour les droits civiques, ou encore d’éducateurs. L’objectif de l’initiative est de permettre aux Européens d’accéder à une thérapie psychédélique assistée, sûre et règlementée.

La Commission européenne a évalué l’initiative citoyenne européenne (ICE) et a estimé qu’il était juridiquement possible pour l’UE d’agir à ce niveau. La politique de santé reste cependant un domaine étroitement surveillé par les États membres.

PsychedeliCare dispose de six mois pour lancer sa pétition et d’un an pour réunir un minimum d’un million de signatures, provenant d’au moins sept États de l’Union. En cas de succès, l’exécutif de l’UE pourra ouvrir des consultations avec les États membres.

PsychedeliCare vise à définir un consensus validé par des experts sur les normes à mettre en place pour effectuer des soins psychédéliques, à dynamiser la recherche financée par l’UE et à formuler des recommandations à la Convention de 1971 sur les substances psychotropes.

Selon une enquête Eurobaromètre réalisée en juillet 2023, 46 % de la population de l’UE a souffert d’une forme ou d’une autre de troubles mentaux au cours de l’année écoulée. Les études scientifiques récentes indiquent dans le même temps une amélioration des thérapies assistées par des psychédéliques. PsychedelicCare espère donc que ces dernières pourront être considérées comme une solution viable aux problèmes de santé mentale.

L’organisation recueille des recherches sur les avantages de la thérapie psychédélique assistée (PAT) depuis 2022. Les principales substances sur lesquelles l’initiative se concentre sont la psilocybine, le LSD, la MDMA, la kétamine et le DMT.

« Le principal progrès sera de déstigmatiser les psychédéliques, ce qu’ils sont et la manière dont ils peuvent aider », explique encore Théo Giubilei.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) s’est déjà penchée sur la question des médicaments psychédéliques et sur la manière de les intégrer à son cadre règlementaire. Elle explique aussi que les caractéristiques des substances psychédéliques font qu’il est difficile de les étudier et de produire des données fiables.

Les psychédéliques peuvent provoquer un état de dysphorie, de paranoïa, de déréalisation et d’anxiété, appelé « bad-trips ». Ce qui crée des lacunes dans les connaissances et ce qui rend plus difficile de considérer les psychédéliques comme un outil psychiatrique.

Ces questions ont été soulevées aux États-Unis où, au début du mois d’août 2024, la Food and Drug Administration n’a pas approuvé un nouveau médicament avec de la midomafétamine (MDMA), pour traiter le stress post-traumatique chez les adultes.

L’agence a demandé qu’un essai de phase 3 soit mené pour vérifier l’innocuité et l’efficacité du produit. Pour Théo Giubilei, bien que cette nouvelle soit regrettable, il est nécessaire d’investir davantage pour s’assurer que les thérapies psychédéliques soient correctement testées.

« Nous avons besoin d’entreprises qui investissent dans l’UE et qui réalisent des essais de phase 3 sur la recherche clinique », a-t-il expliqué. « S’il existe un cadre européen indiquant que nous sommes prêts pour cela, les investissements viendront également », a-t-il ajouté.

[Édité par Laurent Geslin & Anne-Sophie Gayet]