Sarkozy critique le dumping fiscal irlandais

Lors de ses voeux aux forces économiques, le président français a estimé que Dublin ne pouvait pas continuer à demander de l’aide, tout en conservant un impôt sur les bénéfices des sociétés deux fois moins importants que ses partenaires. (Voir la vidéo)

EURACTIV.fr

Lors de ses voeux aux forces économiques, le président français a estimé que Dublin ne pouvait pas continuer à demander de l’aide, tout en conservant un impôt sur les bénéfices des sociétés deux fois moins importants que ses partenaires. (Voir la vidéo)

L’Irlande ne peut demander à l’Union européenne de l’aider à surmonter sa crise de la dette tout en gardant un taux d’imposition des sociétés très bas, a déclaré Nicolas Sarkozy, jeudi 13 janvier, lors de ses voeux aux forces économiques à Toulouse. 

« On ne peut pas parler d’intégration économique sans convergence des systèmes fiscaux », a-t-il dit devant le personnel d’une usine d’Airbus à Blagnac (Haute-Garonne).

« Je respecte profondément l’indépendance de nos amis irlandais et nous avons tout fait pour les aider. Mais ils ne peuvent durablement nous dire ’venez nous aider’ et continuer à garder un impôt sur les bénéfices des sociétés moitié moindre » que les autres, a-t-il ajouté. « C’est un problème de bon sens. »

 

Nicolas Sarkozy a également évoqué le renforcement économique de la zone euro. Différentes propositions législatives seront examinées par le Parlement européen cette année. « On ne peut avoir une même monnaie et partager des stratégies économiques différentes. Ca ne fonctionne pas. (…) Et on ne peut parler convergence économique sans convergence des systèmes fiscaux ». Avec la chancelière allemande Angela Merkel, « nous allons renforcer l’intégration économique européenne et nous allons progresser dans la convergence fiscale », a-t-il ajouté.

Le président de la cour des comptes doit présenter prochainement un rapport sur la comparaison entre les fiscalités françaises et allemandes. Un texte du même type est également actuellement à l’étude en Allemagne. 

« Autant je peux comprendre les différences de compétitivité entre la Chine, l’Inde et la France. Autant je ne peux pas comprendre la différence de compétitivité entre l’Allemagne et la France », a ajouté le chef de l’État. 

Devant le personnel d’une usine d’Airbus à Blagnac (Haute-Garonne), Nicolas Sarkozy a par ailleurs estimé que le recul du dollar par rapport à l’euro sur les marchés des changes était bienvenu mais que la monnaie européenne était encore surévaluée.

L’euro encore trop haut

« Aujourd’hui ça va mieux puisqu’on est à une parité euro-dollar à 1,29-1,30, mais c’est encore trop », a-t-il indiqué. « Je sais parfaitement que 0,1 point de plus sur l’euro c’est un milliard de coût pour l’entreprise (Airbus). Vous voyez ce qu’en tant que président du G20 la France essaie de faire avec le système monétaire international et éviter ce dumping monétaire mais je vous le dis, je défendrai l’euro », a-t-il ajouté.

« Je ne laisserai pas défaire l’euro. Si on laisse tomber l’euro, on laisse tomber l’Europe. Je connais vos problèmes de parité, on va se battre. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain », a insisté le président français.

 

Par ailleurs, le président français a rappelé qu’il proposerait l’inscription dans la constitution d’une règle d’équilibre des finances publiques. « Je souhaite qu’elle soit adoptée par la droite, comme par la gauche, parce que les alternances feront qu’un jour où l’autre aura la responsabilité du gouvernement », a déclaré Nicolas Sarkozy.

(Ecouter les propos de Nicolas Sarkozy sur la fiscalité, l’euro et la gouvernance économique entre 19 et 26 minutes)