Selon le président roumain, il n’y a pas d’échéance « réaliste » pour l’adhésion de la Roumanie à la zone euro

Le président roumain a déclaré qu’il ne pensait pas qu’il soit réaliste pour la Roumanie de se fixe une date limite pour rejoindre la zone euro. Cette déclaration intervient quelques jours après que le gouvernement roumain a déclaré qu’il envisageait d’adopter la monnaie unique d’ici 2026.

Euractiv.com
Romanian President Klaus Iohannis visits Latvia
« Je ne pense pas qu’il soit réaliste pour la Roumanie, à l’heure actuelle, de se fixer une date limite pour l’entrée dans la zone euro », a déclaré le président roumain Klaus Iohannis. [EPA-EFE/TOMS KALNINS]

Le président roumain Klaus Iohannis a déclaré jeudi (23 mars) qu’il ne pensait pas qu’il soit réaliste pour la Roumanie de se fixe une date limite pour rejoindre la zone euro. Cette déclaration intervient quelques jours après que le gouvernement roumain a déclaré qu’il envisageait d’adopter la monnaie unique d’ici 2026.

Interrogé par EURACTIV en marge d’un Conseil européen à Bruxelles pour savoir si 2026 était une date butoir raisonnable ou même viable pour que son pays rejoigne la zone euro, le président roumain a répondu :

« Avec les crises qui se chevauchent, la crise énergétique, les problèmes majeurs de l’industrie européenne, nous cherchons des solutions pour la compétitivité européenne. Nous connaissons une inflation élevée, il est assez compliqué de donner une date limite. Je ne pense pas qu’il soit réaliste pour la Roumanie, à l’heure actuelle, de se fixer une date limite pour l’entrée dans la zone euro. »

Le commentaire du président contredit une déclaration du ministre des Finances, Adrian Câciu, du Parti social-démocrate (Partidul Social Democrat, PSD), qui avait affirmé que Bucarest pourrait rejoindre la zone euro d’ici 2026.

« Si elle applique ce plan national pour la reprise et la résilience et absorbe plus rapidement les fonds européens, je pense que d’ici 2026, la Roumanie disposerait d’éléments de convergence réelle, mais aussi [de convergence] nominale, pour faire ses débuts dans l’antichambre de la zone euro », a indiqué M. Câciu.

M. Iohannis a notamment souligné que la Roumanie ne remplissait pas « plusieurs critères de préadhésion ». « Je ne pense pas que nous les remplissions maintenant, mais dès que nous les remplirons, nous pourrons élaborer des plans », a-t-il poursuivi.

En juin 2022, la Commission européenne a conclu dans son rapport de convergence que la Roumanie ne remplissait pas les conditions pour adopter l’euro.

Tous les deux ans, la Commission évalue les progrès des États membres hors de la zone euro en vue de leur adoption de la monnaie unique, étant donné que tous les États membres, à l’exception du Danemark, se sont juridiquement engagés à rejoindre la zone monétaire.

Le dernier pays en date à avoir rejoint la zone euro est la Croatie, qui est devenue le 20e membre le 1er janvier de cette année.

Un autre pays candidat à la zone euro, la Bulgarie, pourrait adopter l’euro en janvier 2025, a indiqué le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, à Sofia en février.

Quatre autres candidats potentiels — la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Suède — n’ont pas prévu de plans concrets pour adhérer à la zone euro.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]