Selon un rapport, l'UE se consacre trop aux projets de réduction de CO2 à l'étranger [FR]

Les Etats membres de l'UE ont l'intention d'exploiter tellement les projets de réduction des émissions de CO2 dans les pays en développement qu'ils pourraient renoncer à le faire chez eux, estime une étude récente. 

Les Etats membres de l’UE ont l’intention d’exploiter tellement les projets de réduction des émissions de CO2 dans les pays en développement qu’ils pourraient renoncer à le faire chez eux, estime une étude récente. 

Dans un rapport analysant les plans d’allocation de quotas d’émissions de CO2 pour la seconde phase du système d’échange de quotas de l’UE (2008-2012), publié le 5 octobre, le WWF prévient que les pays européens prévoient d’utiliser de façon trop excessive les projets de réduction de CO2 dans les pays en développement.

« Parmi les plus coupables figurent l’Irlande, l’Espagne et la Pologne, qui prévoient d’accorder bien plus de crédits que nécessaire pour atteindre leurs objectifs généraux de réduction d’émissions, » a déclaré le WWF, qui a commandé cette étude auprès de la société de conseil Ecofys.

Selon les règles fixées par les gouvernements européens dans le cadre du protocole de Kyoto, au moins 50% des réductions de CO2 doivent avoir lieu au niveau national.

« Une utilisation trop généralisée des crédits importés peut nuire à l’innovation technologique et transférer la responsabilité liée à la lutte contre le changement climatique des nations polluantes du Nord sur les pays en développement, » souligne le WWF.

De plus, le rapport d’Ecofys indique que les pays européens ont été trop généreux dans l’allocation des crédits de pollution aux grosses industries et centrales nucléaires couvertes par le système européen d’échange de quotas.

Il y a quelques mois, les prix du carbon avaient chuté de plus de 60% à la suite de rapports selon lesquels les gouvernements nationaux avaient accordé trop de crédits de pollution à leur industrie (voir EURACTIV, 2 mai 2006).

« La situation est très préoccupante : les pays européens pourraient finir pas faire peu ou pas d’efforts pour réduire leurs émissions en raison de plafonds très bas et de règles généreuses concernant l’utilisation des crédits importés, » a déclaré Delia Villagrasa, experte sur le système européen d’échange de quotas au WWF.

Plusieurs mois après la date limite initiale du 30 juin, seuls 13 pays sur les 25 Etats membres ont présenté leur plan pour la seconde phase du système ETS. La Commission devrait prendre une décision sur la première série de plans en novembre.