Services secrets slovaques : Robert Fico prend le contrôle de la commission de surveillance

La coalition du Premier ministre Robert Fico a pris de facto le contrôle de la commission parlementaire chargée de surveiller les agissements du renseignement slovaque (SIS), traditionnellement dirigé par l’opposition.

EURACTIV Slovaquie
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La principale commission parlementaire chargée de superviser le SIS est dysfonctionnelle depuis quatre mois, après que la coalition a évincé la députée de l’opposition et ancienne ministre de la Justice, Mária Kolíková (Liberté et solidarité, Conservateurs et réformistes européens), de son poste de présidente. Les critiques affirment que les raisons de sa destitution ont été inventés. [(Photo by Janos Kummer/Getty Images)]

La coalition du Premier ministre Robert Fico a pris de facto le contrôle de la commission parlementaire chargée de surveiller les agissements du renseignement slovaque (SIS), traditionnellement dirigé par l’opposition.

Une décision qui suscite des craintes quant à l’impartialité de cette commission, et qui fait douter de ses capacités à enquêter sur des questions telles que l’achat présumé de logiciels espions Pegasus.

La commission parlementaire chargée de superviser le Service de renseignement slovaque (SIS) était à l’arrêt depuis quatre mois, après l’éviction de l’ancienne ministre de la Justice, Mária Kolíková (Liberté et solidarité, Conservateurs et réformistes européens), qui assurait auparavant sa présidence.

Ce mardi 24 septembre, le gouvernement a donc nommé président temporaire de cette commission Samuel Migaľ (Hlas, Parti populaire européen), député du parti au pouvoir, ignorant les demandes de l’opposition de réintégrer Mária Kolíková.

Samuel Migaľ a dans la foulée nommé Peter Šuc (Smer, Non-Inscrits) et Peter Kotlár (Parti national slovaque), deux vice-présidents de la coalition au pouvoir, à la tête de ladite commission, avant de démissionner.

Celle-ci est traditionnellement sous le contrôle des partis d’opposition, et se trouve donc désormais de facto dirigée par des députés du gouvernement. Les représentants des formations au pouvoir y sont majoritaires et auront toute la liberté pour déterminer les sujets qui y seront discutés.

Le chef du Service de renseignement slovaque est Pavol Gašpar, le fils de l’éminent député du Smer Tibor Gašpar, ce qui complique encore un peu plus le contrôle de l’institution.

« La commission qui supervise le SIS est désormais dirigée par la coalition au pouvoir et plus par l’opposition, ce qui montre que la démocratie au sein du Parlement slovaque n’est plus que théorique », explique Mária Kolíková pour Euractiv Slovaquie.

« Une conduite indigne d’un État membre de l’UE »

L’ensemble des partis d’opposition se sont ralliés à Mária Kolíková, accusant la coalition de piétiner la tradition parlementaire slovaque. Selon Samuel Migaľ, la priorité de l’exécutif était pourtant de rétablir le fonctionnement de la commission, expliquant que Mária Kolíková ne pourrait reprendre son poste car elle avait « violé des procédures parlementaires ».

« Si l’opposition propose un autre député, le Parlement n’aura aucun problème à voter pour lui », a jouté le député.

Il y a une semaine, la coalition au pouvoir avait écarté le chef de l’opposition Michal Šimečka (Slovaquie progressiste, Renew) de son poste de vice-président du Parlement. Ce rôle est traditionnellement aussi occupé par l’opposition.

[Édité par Anna Martino et Laurent Geslin]