Simplification : les dirigeants de l’UE demandent à Roberta Metsola de rassembler les voix nécessaires

Les dirigeants européens ont demandé à la présidente du Parlement européen de rassembler une majorité pour faire adopter le programme de simplification administrative, quitte à s’appuyer sur les voix de l’extrême droite.

/ EURACTIV.com
Plenary session of the European Parliament
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. [Getty Images/Philipp von Ditfurth_dpa]

Les dirigeants de l’UE et des États membres ont fait pression pour réduire la bureaucratie afin de stimuler l’économie et la compétitivité de l’Union. Mais mercredi 22 octobre, les législateurs du Parlement ont créé la surprise en rejetant un compromis — élaboré à la hâte par les forces centristes de l’hémicycle — qui aurait permis de revenir sur une série de règles européennes en matière de durabilité pour les grandes entreprises.

Robera Metsola, notamment sous la pression du Conseil européen pour réduire rapidement la charge administrative, a déclaré que ce résultat reflétait l’environnement politique difficile au sein du Parlement. Elle a toutefois reçu des instructions directes des chefs d’État et de gouvernement lors de la réunion de jeudi 23 octobre pour la suite.

« Pour être très claire, le message que m’a transmis le Conseil est le suivant : “obtenez les voix là où vous les trouvez” », a-t-elle déclaré à la presse après la réunion.

Un responsable européen au fait des négociations a indiqué à Euractiv que plusieurs États de l’UE se sont récemment davantage préoccupés de garantir que le Parlement adopte le paquet dit « omnibus » de simplification plutôt que de savoir quelles majorités la feront adopter.

Le dossier fera l’objet d’un nouveau vote au Parlement à la mi-novembre. Il est désormais possible que le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, le plus grand groupe au Parlement et également le parti de Roberta Metsola, tente de rallier une majorité avec l’aide des législateurs de droite et d’extrême droite.

Cependant, trouver un terrain d’entente avec les groupes centristes était sa priorité absolue, a assuré mercredi Jörgen Warborg, le négociateur en chef du Parti populaire européen (PPE) sur le dossier rejeté.

Roberta Metsola a également souligné qu’au Parlement européen les majorités se construisent au cas par cas, et il s’agit d’une recherche de compromis entre les différents partis.

Elle s’était également entretenue avec les dirigeants nationaux sur la manière dont ils pouvaient faire avancer les discussions.

« J’aurais également besoin de leur aide pour m’assurer que les membres du Parlement européen de leurs pays reflètent réellement le programme sur lequel ils s’accordent », a expliqué la présidente du Parlement.

À son arrivée au sommet, le chancelier allemand Friedrich Merz a sévèrement critiqué le rejet du Parlement, le qualifiant de « décision fatale » qui doit être annulée. « Nous devons discuter avec les groupes parlementaires de la manière dont cela pourrait fonctionner. »

Un diplomate européen a déclaré qu’il n’y avait pas eu de critiques à l’encontre de Roberta Metsola personnellement jeudi, mais un large consensus sur la nécessité pour l’UE d’aller de l’avant rapidement dans ses efforts de simplification.

« La conversation a été constructive. Nous devons faire fonctionner la machine », a déclaré le diplomate.

Thomas Møller-Nielsen a contribué à la rédaction de cet article.