Slovaquie : la coalition gouvernementale se dissout, le risque d'élections anticipées est réel

Le refus du ministre des Finances Igor Matovič de renoncer à son poste a placé son parti à la tête d’un gouvernement minoritaire. Aux élections anticipées, son parti pourrait céder le pouvoir aux formations accusées de corruption qu’il a juré de pouvoir vaincre.

EURACTIV Slovaquie
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M. Matovič a refusé de quitter son poste pour la deuxième fois, bien qu’il soit la personnalité politique la moins populaire de Slovaquie, avec un pourcentage de désapprobation de 88 %. Il affirme que l’ultimatum était déraisonnable et a accusé le leader du SaS, Richard Sulík, de contribuer au retour de « la mafia ». [[Shutterstock/Alexandros Michailidis]

Le refus du ministre des Finances Igor Matovič de démissionner depuis fin août a placé son parti à la tête d’un gouvernement minoritaire, suite au départ du parti Liberté et Solidarité (SaS), ancien membre de la coalition gouvernementale. Le risque d’élections anticipées est réel.

Le parti Liberté et Solidarité (SaS) a quitté le gouvernement slovaque après un ultimatum de deux mois demandant à M. Matovič de se retirer. Ce départ est intervenu après qu’il a fait adopter un ensemble de prestations sociales destinées aux ménages, d’un coût supérieur à un milliard d’euros. Celles-ci ont été critiquées comme étant non systématiques et ont été adoptées en coopération avec un parti d’opposition d’extrême droite.

Le désormais ancien parti de coalition avait déjà renversé M. Matovič l’année dernière de son poste de Premier ministre après que celui-ci ait commandé des vaccins russes Sputnik V, créant la surprise dans le pays.

Les trois autres partis de la coalition gouvernementale disposent désormais de 73 sièges au Parlement tout au plus, ce qui n’est pas suffisant pour obtenir la majorité de 76 sièges nécessaire à l’adoption de lois. La coalition prévoit de compter sur le soutien de l’opposition, soit en abaissant le quorum en ne participante pas aux sessions, soit en votant en faveur de leurs lois.

M. Matovič a refusé de quitter son poste pour la deuxième fois, bien qu’il soit la personnalité politique la moins populaire de Slovaquie, avec un pourcentage de désapprobation de 88 %. Il affirme que l’ultimatum imposé par SaS était déraisonnable et a accusé le leader du SaS, Richard Sulík, de contribuer au retour de « la mafia ».

Si le Premier ministre Eduard Heger ne trouve pas un soutien politique suffisant pour son gouvernement et que 76 députés votent une motion de censure, la Slovaquie pourrait connaître ses toutes premières élections anticipées.

Les membres actuels et anciens du parti Smer—sociale-démocratie, dont les gouvernements passés sont entachés de scandales de corruption, sont en tête des sondages.

Le parti SaS s’est dit ouvert à l’idée de voter pour certains des projets de la coalition, en particulier ceux qui visent à aider les gens à faire face à la hausse des coûts de l’énergie. Cette mesure figurait dans le programme de Richard Sulík, le ministre sortant de l’Economie et leader du SaS. M. Heger doit encore annoncer le nom des successeurs de quatre ministres de SaS, les autres partis n’étant pas encore parvenus à un accord.