"Sobriété" et "solidarité européenne", maîtres-mots face à la crise

Trois ministres ont présenté des nouvelles mesures pour « protéger les ménages et les entreprises » face à la crise énergétique, lors d’une conférence de presse à Matignon mercredi (14 septembre).

Euractiv France
Le gouvernement a confirmé que le bouclier tarifaire, mis en place dès octobre 2021 pour juguler la hausse des prix de l’énergie, continuera de s’appliquer en 2023 - après des craintes qu’il expire à la fin de l’année. [MAXPPP OUT/EPA-EFE]

La Première ministre Elisabeth Borne, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher ont présenté des nouvelles mesures pour « protéger les ménages et les entreprises » face à une crise énergétique qui ne cesse de prendre de l’ampleur, lors d’une conférence de presse à Matignon mercredi (14 septembre).

« Si chacun prend des mesures pour limiter sa consommation d’énergie, il n’y aura pas de coupures de gaz ou d’électricité cet hiver », a expliqué Mme Borne, annonçant le début d’une campagne de sensibilisation nationale, baptisée « Chaque geste compte », dès le 10 octobre, pour encourager une « sobriété de tous les jours » et soutenir les français dans leur réduction de consommation d’énergie de 10 % par rapport à 2022.

Dans cette logique, le Réseau de transport d’électricité (RTE) a dévoilé plus tôt dans la journée la création d’un portail « Ecowatt », sorte de « météo de l’électricité ». Celui-ci vise à anticiper les pics de consommation tout au long de l’hiver, et prévenir les usagers à temps afin qu’ils adaptent leurs comportements.

Dans le même temps, le gouvernement a confirmé que le bouclier tarifaire, mis en place dès octobre 2021 pour juguler la hausse des prix de l’énergie, continuera de s’appliquer en 2023 – après des craintes qu’il expire à la fin de l’année.

En moyenne, les factures d’électricité devraient donc augmenter de 25 euros par mois en 2023 par rapport à 2022, soit une hausse de 15 % – loin des 200 euros que les français auraient dû payer sans bouclier tarifaire, selon la Première ministre.

Bruno Le Maire a exhorté les pays de l’Union européenne a reprendre la mesure du bouclier tarifaire à leur compte afin d’en faire une « politique européenne ».

Enfin, un chèque exceptionnel de 100 ou 200 euros, en fonction des revenus, sera envoyé aux ménages les plus modestes – soit 12 millions de foyers en tout.

La « solidarité européenne » de mise

Comme une antienne, la question d’un impôt temporaire exceptionnel sur les « superprofits » à refait surface, alors que la Première ministre souhaite s’attaquer à certains prix « disproportionnés » de l’énergie.

Autant M. Le Maire a toujours exprimé son refus de tout impôt nouveau, autant Mme Borne s’est rangée du côté de la Commission européenne et de sa présidente, Ursula von der Leyen, qui déclarait dans son discours sur l’état de l’union mercredi la mise en place d’une « contribution solidaire » de la part des producteurs d’énergie.

Les prix anormalement élevés seront également traqués – la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ayant déjà annoncé la création d’une enquête contre un fournisseur d’énergie, Ohm Energie.

La « solidarité européenne » était au cœur des propos de la Première ministre, qui n’a pas manqué de rappeler que la France avait une position stratégique dans l’acheminement du gaz naturel liquéfié américain vers le reste de l’Europe, notamment par la mise en place de terminaux méthaniers flottants sur la côte atlantique.

La France consacre 2,2 % de son PIB pour contrer les effets les plus pervers de la crise énergétique, a déclaré M. Le Maire. Ce chiffre est à comparer aux 3,2 % de PIB du Royaume-Uni et aux 1,3 % de PIB de l’Allemagne – bien que des nouvelles mesures, tout juste annoncées par le chancelier Olaf Scholz, n’ont pas encore été prises en compte dans le chiffrage de Bercy.