Stage dans une zone occupée par la Turquie : le FC Barcelone suscite la colère de Chypre
Le club catalan se retrouve sur un terrain glissant
Le club de football de Barcelone a suscité de vives réactions à Nicosie après avoir décidé d’organiser un stage pour jeunes dans le nord de Chypre, occupé par la Turquie, une région qui n’est pas reconnue par l’Union européenne.
Le club catalan s’est peut-être aventuré en terrain inconnu, car cet incident survient à un moment délicat, alors que des négociations sur la réunification de l’île sont en cours.
Chypre est divisée depuis 1974, date à laquelle un coup d’État soutenu par Athènes a déclenché l’invasion turque et l’occupation du tiers nord de l’île. L’autoproclamée « Chypre du Nord » n’est reconnue que par la Turquie et a été fermement condamnée par les institutions européennes.
Sur son site officiel, le FC Barcelone indique que ce stage pour jeunes se tiendra du 7 au 11 et du 16 au 20 septembre 2026 près de l’East University, en « Chypre du Nord ».
La Fédération chypriote de football étudie actuellement les voies juridiques à son disposition pour réagir. Une source gouvernementale à Nicosie a indiqué à Euractiv que des efforts diplomatiques sont en cours pour annuler cet événement.
Dans le même temps, le Front populaire national (ELAM), parti de droite et troisième force parlementaire, a appelé à l’annulation du stage et a exhorté Madrid ainsi que le ministère des Affaires étrangères chypriote à intervenir. L’ELAM a déclaré qu’il est « problématique » qu’une activité sportive officielle dans les zones occupées par la Turquie soit organisée par une organisation d’un pays de l’UE.
Nuages orageux en Méditerranée
Cet incident survient également à un moment délicat pour les relations entre l’Espagne et les rivaux de longue date de la Turquie : la Grèce et Chypre.
La position pro-turque de l’Espagne irrite souvent Nicosie et Athènes, dont les relations avec la Turquie voisine sont tendues depuis des décennies – ce qui fait parfois craindre un conflit militaire.
Madrid a été le principal exportateur européen d’armes vers la Turquie entre 2020 et 2024, tandis que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a récemment critiqué Pedro Sánchez pour son opposition à la guerre en Iran. « Heureusement, je ne suis pas Sánchez », a-t-il déclaré.
Les médias chypriotes soulignent également qu’en 2014, le président du FC Barcelone, Joan Laporta, avait soutenu la fusion des fédérations de football chypriotes. Par ailleurs, des entités du Qatar (un allié proche de la Turquie) ont sponsorisé le FC Barcelone de 2011 à 2017, mettant ainsi fin à la longue tradition du club qui consistait à ne pas avoir de sponsor commercial sur ses maillots.
Le FC Barcelone et l’Union des associations européennes de football (UEFA) n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.
(ow)