Le mouvement de gauche Sumar conditionne son entrée au gouvernement à la reconnaissance d'un « État palestinien »

La reconnaissance de l'État palestinien est l'une des conditions sine qua non pour que le mouvement espagnol de gauche Sumar signe un accord de coalition avec le Premier ministre par intérim Pedro Sánchez, a déclaré lundi le porte-parole du groupe, Ernest Urtasun.

EFE avec EURACTIV.com
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Yolanda Diaz (G) et Pedro Sánchez (D) [Shutterstock/Fernando Astasio Avila]

La reconnaissance de l’État palestinien est l’une des conditions sine qua non pour que le mouvement espagnol de gauche Sumar signe un accord de coalition avec le Premier ministre par intérim Pedro Sánchez, a déclaré lundi (16 octobre) le porte-parole du groupe, Ernest Urtasun.

M. Urtasun, qui est également eurodéputé, a souligné lundi que Sumar, dirigée par la ministre du Travail par intérim Yolanda Díaz, a inclus comme condition dans les négociations avec le parti de gauche PSOE de M. Sánchez que le futur exécutif reconnaisse l’« État palestinien » de manière unilatérale et inconditionnelle.

« Nous pensons que le moment est venu pour l’Espagne de reconnaître l’État palestinien de manière unilatérale, inconditionnelle et urgente comme une contribution essentielle à la résolution du conflit et à la paix », a déclaré M. Urtasun lors d’une conférence de presse à Madrid.

« Nous voulons que ce soit l’une des premières mesures prises par le prochain gouvernement de coalition PSOE-Sumar », a-t-il ajouté.

« La meilleure façon de garantir les aspirations des deux parties est la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Le statut final de Jérusalem devrait être le résultat de ces négociations », peut-on lire dans la position officielle de l’Espagne sur le conflit.

Le futur gouvernement de M. Sánchez comprendra très probablement Mme Díaz en tant que « numéro deux », ainsi que d’autres membres de Sumar, y compris peut-être des membres du défunt parti Unidas Podemos.

Lundi, M. Urtasun a présenté trois initiatives liées au conflit entre Israël et le Hamas, y compris une proposition de déclaration parlementaire condamnant la violence dans la région.

Le porte-parole de Sumar a rappelé que la Suède et la Grèce ont déjà reconnu l’État palestinien, de sorte que l’Espagne pourrait le faire sans attendre que l’UE se mette d’accord sur une position commune, a-t-il insisté.

Sumar condamne l’« épuration ethnique » d’Israël

Mardi (17 octobre), les dirigeants de l’UE se réuniront par vidéoconférence afin d’établir une « position commune » sur le conflit, après que Bruxelles a été critiquée par plusieurs partis de gauche européens, dont Sumar et Unidas Podemos, pour sa position prétendument pro-israélienne.

Concernant la future reconnaissance d’un « État palestinien » par l’Espagne, M. Urtasun a souligné qu’à son avis, M. Sánchez y était favorable, mais seulement sous l’égide de l’UE. C’est pourquoi Sumar demande au candidat socialiste de faire un pas en avant et d’annoncer la mesure sans attendre une décision au niveau européen

Urtasun et la porte-parole parlementaire de Sumar, Marta Lois, ont rappelé lundi que depuis 2014, le parlement espagnol a exprimé à plusieurs reprises son soutien à la reconnaissance de la « Palestine » en tant qu’État et que ce qu’il faut maintenant, c’est que Madrid donne corps à cette position initialement favorable — de manière claire et tangible.

La position de Sumar sur la Palestine avait déjà été incluse dans les contacts initiaux pour rétablir un gouvernement de coalition avec le PSOE après les élections générales du 23 juillet, a déclaré M. Urtasun, ajoutant que son parti avait maintenant réitéré qu’il voulait qu’elle soit « incluse clairement et sans équivoque dans le prochain accord de gouvernement ».

Cette inclusion impliquerait de progresser dans l’« agenda international » de l’accord de coalition, a déclaré Mme Lois, ajoutant qu’il fallait le développer davantage.

Condamnant les « attaques terroristes contre la population civile commises par le Hamas », Marta Lois a accusé Israël d’« épuration ethnique » dans son « processus de violation des droits de l’homme à Gaza ». Elle a également déploré le « deux poids, deux mesures » avec lequel l’Union européenne agit parfois.