Tensions diplomatiques entre la République tchèque et la Slovaquie

Les relations diplomatiques entre Prague et Bratislava sont tendues après que le Premier ministre tchèque Petr Fiala (ODS, CRE) a déclaré que la reprise des consultations intergouvernementales avec la Slovaquie « n’est actuellement pas à l’ordre du jour ».

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Le Premier ministre slovaque Robert Fico (gauche) et son homologue tchèque Petr Fiala. [© alliance/dpa]

Les relations diplomatiques entre Prague et Bratislava sont tendues après que le Premier ministre tchèque Petr Fiala (ODS, CRE) a déclaré que la reprise des consultations intergouvernementales avec la Slovaquie « n’est actuellement pas à l’ordre du jour ».

Selon M. Fiala, il est prématuré d’envisager le rétablissement des consultations notamment en raison de l’état de santé du Premier ministre slovaque Robert Fico (Smer, S&D), qui se remet d’une tentative d’assassinat survenue à la mi-mai.

Cette déclaration intervient alors que le président tchèque, Petr Pavel, et son homologue slovaque, Peter Pellegrini, se sont rencontrés à Prague mercredi (26 juin).

« Nous ne considérons pas qu’une telle déclaration du Premier ministre [Petr] Fiala, à la veille de la première visite officielle du président slovaque nouvellement élu Peter Pellegrini en République tchèque, soit respectueuse ou propice à nos relations de bon voisinage », a indiqué Bratislava dans un communiqué officiel.

Lucie Ješátková, porte-parole du gouvernement tchèque, a expliqué que les propos de M. Fiala ne se voulaient pas irrespectueux.

« Il s’agissait d’une expression de respect pour la situation, alors que le Premier ministre slovaque Robert Fico est en convalescence et qu’il n’est donc pas possible de discuter de consultations intergouvernementales pour des raisons objectives », a confié Mme Ješátková à l’agence de presse tchèque Czech News Agency.

La République tchèque a suspendu les consultations intergouvernementales avec la Slovaquie en mars dernier, en raison de désaccords sur des questions clés de politique étrangère, notamment la guerre en Ukraine.

Le gouvernement slovaque, dirigé par Robert Fico, a interrompu l’aide militaire à l’Ukraine, ce qui contraste fortement avec la position tchèque. Ce dernier a affirmé que la stratégie occidentale à l’égard de l’Ukraine avait échoué, et que la Russie ne pouvait être vaincue par des moyens conventionnels.

Pour autant, Bratislava a maintenu que sa position sur la guerre en Ukraine « ne peut pas être un obstacle au développement des relations tchéco-slovaques ».

Plus récemment, le gouvernement slovaque a critiqué la police tchèque pour ne pas avoir poursuivi les personnes ayant cautionné la tentative d’assassinat de M. Fico, ce qui n’a fait qu’accroître les tensions.