Tonio Borg réussit haut la main son audition parlementaire

Hier (13 novembre), Tonio Borg, le candidat maltais au poste de commissaire européen en charge de la santé et de la protection des consommateurs, a réussi haut la main son audition de trois heures au Parlement malgré des questions à répétition à propos de son point de vue sur l’avortement et les droits des homosexuels.

EURACTIV.fr
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Hier (13 novembre), Tonio Borg, le candidat maltais au poste de commissaire européen en charge de la santé et de la protection des consommateurs, a réussi haut la main son audition de trois heures au Parlement malgré des questions à répétition à propos de son point de vue sur l’avortement et les droits des homosexuels.

 

Tonio Borg, le vice-premier ministre et ministre maltais des affaires étrangères a été interrogé par plusieurs eurodéputés des commissions parlementaires de l'environnement, du marché intérieur et de l'agriculture. Sa nomination sera entérinée la semaine prochaine.

 

M. Borg a déclaré aux eurodéputés qu'en cas de nomination, sa priorité serait à la mise à jour de la directive sur les produits du tabac. Cette directive était au coeur d'une controverse qui a provoqué la démission de son prédécesseur, John Dalli.

 

Il a toutefois indiqué qu'il ne soutiendrait pas les propositions controversées d'emballage neutre pour les paquets de cigarettes. « J'ai vu plusieurs emballages neutres et je pense qu'ils pourraient être efficaces », a déclaré M. Borg, en ajoutant qu'il s'exprimait à titre personnel à cet égard.

 

« Je laisserai le choix aux États membres d'introduire des emballages neutres et je ne leur imposerai pas [ce choix] », a-t-il expliqué.

 

Aucun eurodéputé n'a abordé le recul évident et largement évoqué, de l'ancien commissaire John Dalli sur l’introduction des emballages neutres.

 

Tonio Borg réfute les allégations d'homophobie

 

Plusieurs eurodéputés ont longuement interrogé M. Borg sur ses positions contre l'avortement et la cohabitation des homosexuels.

 

M. Borg a réfuté ces accusations à plusieurs reprises. Il a indiqué qu'en vertu des traités de l'UE, les questions liées à l'avortement étaient du ressort des États membres, mais il a ajouté qu'il agirait en tant que commissaire européen et non maltais.

 

Il a expliqué qu'il y 14 ans, à Malte, il avait été critiqué parce qu'il avait refusé de déclarer illégaux les actes d'une jeune femme qui s'était rendue au Royaume-Uni pour avorter.

 

En ce qui concerne la cohabitation des homosexuels, Tonio Borg a déclaré qu'il avait contribué à l'adoption de règles maltaises en vue de permettre aux cohabitants du même sexe d'enregistrer leurs intérêts. Il a également renforcé la protection contre des crimes homophobes.

 

Interrogé sur la sécurité alimentaire et la question épineuse des aliments génétiquement modifiés, M. Borg a répondu qu'il ferait pression en faveur d'une directive sur les aliments l'année prochaine et qu'il attendait un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avant d'en arriver à des conclusions sur les OGM.

 

« Je ne me précipiterai pas là où les anges n'osent pas s'aventurer », a répété M. Borg à propos des OGM. Il a ajouté qu'il était conscient de l'opposition du Parlement quant à leur utilisation et qu'il en tiendrait compte dans la formulation de politiques.

 

Tonio Borg a évité de parler de son prédécesseur

 

Si les accusations de conflits d'intérêts entre l'Agence européenne des médicaments et l'EFSA sont confirmées, M. Borg a accepté de discuter de nouvelles règles communes pour les agences européennes avec les autres commissaires.

 

« Quand l'EFSA deviendra populaire, je commencerai à m’inquiéter : l'agence est généralement accusée d'être trop sévère ou trop indulgente, mais en réalité, elle se situe quelque part entre les deux. »

 

« Je pense que nous devrions disposer de règles communes pour toutes les agences », a-t-il déclaré, ajoutant que c'était « un avis personnel ».

 

Grâce à une certaine aisance politique, M. Borg a écarté les demandes de commentaires sur le scandale lié à John Dalli, affirmant que ce serait « imprudent ».

 

Il a souligné qu'il appuierait la proposition de Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission, sur l'introduction de quotas de femmes dans les conseils d'administration. Il a également indiqué qu'il proposerait, l'année prochaine, la mise en œuvre d'un droit pour que tous les citoyens européens disposent d'un compte bancaire.

 

Les eurodéputés satisfaits de l'audition

 

Les eurodéputés n'ont pas mentionné les accusations selon lesquelles M. Borg aurait joué un rôle dans l'octroi de permis de séjour à un couple kazakh visé par des allégations criminelles.

 

Avant l'audition, l'eurodéputé allemand Elmar Brok avait demandé à M. Borg d'éclaircir les accusations selon lesquelles il aurait aidé ce couple à échapper à des poursuites pénales en leur accordant des permis de séjour maltais.

 

En amont de l'audition, M. Borg avait qualifié ces accusations de « calomnies grossières et [de] mensonges », ajoutant que ces dernières l'avaient « vraiment touché », selon EURACTIV Allemagne.

 

>> Lire : Tonio Borg riposte aux accusations

 

De manière générale, les eurodéputés semblaient satisfaits de l'audition de M. Borg. Certains rapports laissent entendre que le Parti populaire européen a rapidement décidé de soutenir le candidat après l'audition.

 

Les présidents des commissions concernées et les coordinateurs des groupes politiques se consulteront avant que les eurodéputés n'entérinent la nomination de Tonio Borg lors de la séance plénière la semaine prochaine à Strasbourg.