Un accord sur le fonds « pertes et dommages » climatiques négocié en prévision de la COP28

Un accord au niveau de l’ONU sur le fonds « pertes et dommages » climatiques pour les pays vulnérables ouvre la voie à des objectifs plus ambitieux en matière d’atténuation du changement climatique lors de la COP28 de Dubaï, a déclaré le commissaire européen à l’Action climatique.

Euractiv.com
Hoekstra 27 Oct 2023
Wopke Hoekstra, commissaire européen à l’Action climatique. [<a href="https://audiovisual.ec.europa.eu/en/photo-details/P-062203~2F00-18" target="_blank" rel="noopener">Union européenne, 2023</a>]

Un accord au niveau de l’ONU sur le fonds « pertes et dommages », destiné à indemniser les pays vulnérables pour les catastrophes naturelles causées par le changement climatique, ouvre la voie à des objectifs plus ambitieux en matière d’atténuation du changement climatique lors du prochain sommet COP28 qui se tiendra à Dubaï, a déclaré Wopke Hoekstra, commissaire européen à l’Action climatique.

La cinquième réunion du comité de transition sur les pertes et dommages de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) s’est achevée dimanche (5 novembre) par un accord sur une liste de recommandations relatives à la mise en œuvre des fonds, qui seront présentées lors de la COP28.

Lors du sommet de la COP28 qui débutera le 30 novembre, les parties de la CCNUCC seront responsables de la mise en œuvre du fonds, y compris des dispositions clés relatives à l’aide sous forme de subventions pour les pays particulièrement touchés par le changement climatique.

M. Hoekstra s’est félicité de cet accord, qu’il considère comme une « avancée cruciale » en amont de la COP28.

« Cet accord sur les pertes et dommages devrait ouvrir la voie à des résultats solides dans le Bilan mondial en ce qui concerne les réductions substantielles des émissions au cours de cette décennie, qui est le meilleur moyen de minimiser les pertes et les dommages », a écrit M. Hoekstra sur X (anciennement Twitter).

« Maintenant, il faut l’associer à l’ambition la plus élevée possible en matière d’atténuation du changement climatique », a-t-il ajouté, affirmant que l’UE poursuivra ses efforts en faveur d’un texte ambitieux lors de la COP28.

Une fois opérationnel, le fonds fournira aux pays particulièrement vulnérables des financements pour les aider à se remettre des conséquences des catastrophes liées au climat, telles que les inondations et les sécheresses.

La recommandation, si elle est adoptée par consensus lors de la COP28, pourrait avoir un impact sur « des milliards de personnes, de vies et de modes de vie qui sont vulnérables aux effets du changement climatique », a déclaré le président de la COP28, le Sultan Ahmed Al Jaber.

Les recommandations adoptées vont maintenant être transmises aux gouvernements nationaux avant la COP28 afin que le fonds puisse être lancé et alimenté.

« Les parties doivent conclure l’accord à Dubaï et remplir leurs obligations en ce qui concerne le fonds pertes et dommages », a ajouté M. Al Jaber dans un communiqué, précisant qu’« il reste encore du travail à faire ».

La création du fonds « pertes et dommages » a été approuvée l’année dernière lors de la COP27, ce qui en fait le premier fonds des Nations unies consacré à la lutte contre les dommages causés par le climat.

L’Union européenne et les États-Unis se sont d’abord opposés à la création de ce fonds, craignant qu’il n’ouvre la voie à des responsabilités juridiques illimitées qui se traduiraient par des centaines de milliards de dollars en réparations.

L’UE a finalement cédé aux pressions, à deux conditions toutefois : que le fonds soit réservé aux pays les plus vulnérables et que la base de financement soit aussi large que possible, de sorte que de grandes économies, comme la Chine, y contribuent également.

L’UE a également insisté pour que le nouveau fonds soit lié à des « engagements sérieux » en matière de réduction des émissions, avertissant qu’« aucune somme d’argent sur cette planète » ne suffira à résoudre le problème des pertes et des dommages si des efforts ne sont pas déployés pour réduire les émissions.

Ces conditions ont été réitérées par M. Hoekstra dimanche (5 novembre).

« Pour lancer le fonds lors de la COP28, nous avons encore besoin de résultats clairs et ambitieux en matière d’atténuation », a insisté le commissaire européen.

« Le changement climatique est si important qu’aucune institution, aucun pays, ni même tout l’argent public que nous pouvons [mobiliser] ne suffirait à répondre aux besoins en matière d’action climatique », a-t-il soutenu, soulignant la nécessité d’accomplir de nouveaux progrès en matière d’atténuation.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]