Un député allemand demande l’arrêt du projet d’avion de combat SCAF

Le député allemand Volker Mayer-Lay, chargé des questions relatives à l’armée de l’air, estime qu’il est désormais nécessaire de mettre un terme au programme franco-germano-espagnol de Système de combat aérien du futur (SCAF). Son appel intervient une semaine avant une réunion décisive entre Paris, Berlin et Madrid sur l’avenir du projet.

EURACTIV.com
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Le projet SCAF, doté de 100 milliards d’euros, est au bord du gouffre en raison d’un différend entre le Français Dassault Aviation et l’Allemand Airbus Defence.

Selon Mayer-Lay (Union chrétienne-démocrate, CDU), la confiance entre les partenaires est si dégradée que « l’abandon du SCAF est probablement la seule issue viable ».

Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont chacun promis de décider de l’avenir du projet d’ici la fin de l’année.

Dans sa déclaration, Volker Mayer-Lay indique qu’une fin contrôlée du SCAF permettrait un véritable nouveau départ. « L’amitié franco-allemande survivra à cela, mais l’industrie allemande ne survivra pas à un nouveau retard », a-t-il affirmé.

« La première chose à faire maintenant est de se remettre en mouvement après cette période d’immobilisme », a confié l’élu à Euractiv.

Son collègue Christoph Schmid, du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) a convenu que « l’Allemagne ne peut pas se permettre de perdre des années précieuses alors que d’autres pays développent rapidement leurs capacités ».

Le maître d’œuvre français, Dassault Aviation, a exigé un rôle prépondérant dans le développement de l’avion de combat de sixième génération, allant même jusqu’à déclarer qu’il préférait faire cavalier seul plutôt que de travailler avec l’Allemand Airbus Defence.

L’accord initial entre Berlin, Paris et Madrid — avec son industriel Indra — prévoyait que Dassault dirigerait le projet d’avion de combat SCAF, tandis qu’Airbus serait responsable des aspects liés aux drones et à l’intelligence artificielle dans le cloud, ce qu’on appelle le « système de systèmes ».

Cependant, les Allemands s’opposent à ce que Dassault dicte tous les aspects du développement de l’avion, notamment le choix des fournisseurs.

« Quiconque se comporte de cette manière exige la subordination. Quiconque écarte les autres ne recherche pas un partenariat », estime Volker Mayer-Lay, affirmant que les jeux de pouvoir et la vanité nationale paralysaient le projet.

Lorsqu’on lui a demandé s’il y avait de la place pour que la France et l’Allemagne développent chacune un avion de combat de sixième génération, Volker Mayer-Lay a répondu que trois projets seraient « au moins un de trop ». Le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie poursuivent également leur propre projet, le GCAP.

« Cependant, une coopération plus poussée ou un transfert de connaissances pourraient avoir lieu à l’avenir », a-t-il ajouté.

Les ministres de la Défense allemand, français et espagnol doivent se prononcer sur l’avenir du SCAF jeudi prochain (11 décembre), selon Bloomberg.