Un eurodéputé grec accusé de harcèlement sexuel
Les autorités belges ont demandé au Parlement européen de lever l’immunité de l’eurodéputé grec Alexis Georgoulis après qu’une employée de la Commission européenne a déposé une plainte contre lui pour harcèlement sexuel. L’eurodéputé a qualifié les accusations de « mensongères ».
Les autorités belges ont demandé au Parlement européen de lever l’immunité de l’eurodéputé grec Alexis Georgoulis (GUE/NGL) après qu’une employée de la Commission européenne a déposé une plainte contre lui pour harcèlement sexuel. L’eurodéputé a réfuté cette plainte, qualifiant les accusations de « mensongères ». Ce scandale intervient un mois avant les élections nationales.
Après l’annonce de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, en début de session plénière à Strasbourg, M. Georgoulis a immédiatement été démis de ses fonctions au sein se son parti national, la Coalition de la gauche radicale — Alliance progressiste (Syriza).
Selon la presse d’Athènes, l’incident se serait produit en 2020 et concernerait une ancienne employée du Parlement européen qui travaille actuellement pour la Commission européenne.
La plaignante est également membre du Mouvement pour le changement (Pasok, groupe S&D au Parlement européen) et devrait se présenter aux prochaines élections.
Selon la chaîne de télévision Skai TV, les deux personnes auraient eu une relation.
La question sera examinée par la commission des Affaires juridiques (JURI) du Parlement européen, après quoi la levée de l’immunité sera votée en séance plénière.
« À ma grande surprise, je suis informé qu’une plainte manifestement fausse et calomnieuse a été déposée contre moi pour un incident qui se serait produit il y a trois ans. Face à cette attaque mensongère et insultante, qui a lieu — probablement pas par hasard — quelques jours avant les élections nationales, j’ai l’intention de mener ma bataille devant la justice, pour la vérité et la restauration de mon nom, en demandant la levée de mon immunité », a annoncé M. Georgoulis.
Le parti au pouvoir en Grèce, Nouvelle Démocratie (Néa Dimokratía, PPE), a demandé des explications au Syriza, tandis que le Pasok a noté que l’allusion de l’eurodéputé aux prochaines élections est un non-sens.
« La demande de levée de l’immunité de M. Georgoulis est le résultat d’une enquête menée par les autorités belges à la suite d’une plainte déposée en 2020 […] Les procédures suivies par les autorités belges relèvent de leur compétence et ne sont pas “dictées” par des tiers, comme certains l’ont laissé entendre », a déclaré le Pasok dans un communiqué.
Les prochaines élections se dérouleront le 21 mai dans le pays, et le Pasok devrait jouer le rôle de faiseur de rois dans la formation d’un gouvernement.
Le parti conservateur Nouvelle Démocratie et le principal parti d’opposition du Syriza doivent s’associer au Pasok pour former un gouvernement, conformément à une nouvelle loi électorale qui s’appliquera pour la première fois.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]