Un nouveau Pacte mondial pour intensifier la lutte contre les maladies non transmissibles

Les membres de l’OMS ont appelé à une action concrète pour réduire les décès prématurés dus à des maladies non transmissibles telles que le diabète, les cancers et les maladies cardiaques et pulmonaires, qualifiant leur prévalence de « pandémie ».

Euractiv France
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Lors du premier dialogue stratégique international, organisé par le Ghana et la Norvège, les membres de l’OMS ont convenu d’un nouveau Pacte mondial pour lutter contre les MNT dans le monde entier. [Africa Studio/Shutterstock]

Les membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont appelé à une action concrète pour réduire les décès prématurés dus à des maladies non transmissibles (MNT) telles que le diabète, les cancers et les maladies cardiaques et pulmonaires, qualifiant leur prévalence de « pandémie ».

Lors du premier dialogue stratégique international, organisé par le Ghana et la Norvège, les membres de l’OMS ont convenu d’un nouveau Pacte mondial pour lutter contre les MNT dans le monde entier. Ils ont également convenu de former un groupe de travail pour atteindre plus efficacement la cible de l’Objectif de développement durable (ODD), qui vise à réduire d’un tiers la mortalité prématurée due aux MNT d’ici 2030.

« Outre les vies qu’elles fauchent, les MNT prélèvent un lourd tribut sur les économies en réduisant la population active au moment où elle est le plus productive. Un engagement technique, financier et surtout politique est indispensable pour venir à bout de ce problème », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

Les MNT, également appelées maladies chroniques, sont généralement de longue durée et résultent de facteurs génétiques, physiologiques et environnementaux.

Les MNT les plus courantes sont les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diabète. Elles tuent sept personnes sur dix et résultent de facteurs de risque tels que le tabac, l’alcool, une mauvaise alimentation, la sédentarité et la pollution atmosphérique.

Jonas Gahr Støre, le Premier ministre norvégien, a déclaré : «  En investissant dans des systèmes de santé plus solides, dans la prestation de services et la prévention des MNT, on rendra les populations vulnérables plus résistantes à la Covid-19 et aux futures pandémies. C’est également essentiel pour promouvoir la couverture sanitaire universelle. »

Les aspects économiques étaient au cœur des discussions, et les membres de l’OMS ont souligné les avantages d’investir dans les MNT. La Norvège, par exemple, est devenue le premier pays donateur à inclure la prévention des MNT dans sa stratégie de développement international.

Les maladies chroniques sont en grande partie évitables et traitables, selon le Pacte mondial, qui indique qu’un investissement de 0,84 dollar par personne et par an jusqu’en 2030 pourrait sauver près de sept millions de vies.

« Cet investissement représenterait un gain de plus de 230 milliards USD sur les plans économique et sociétal et permettrait d’éviter près de 10 millions de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux dans le monde d’ici à 2030 », indique le communiqué de presse de l’OMS.

La première réunion du groupe de travail sur les MNT devrait avoir lieu en septembre 2022.

Les cinq engagements

Le nouveau groupe sur les maladies non transmissibles a dressé une liste de cinq engagements, à commencer par la prévention de 50 millions de décès prématurés liés aux MNT d’ici à 2030, en mettant en œuvre les mesures les plus rentables pour la prévention et la prise en charge des maladies.

Ils visent également à protéger les 1,7 milliard de personnes souffrant de MNT en leur garantissant un accès égal aux médicaments et aux soins, notamment en cas de catastrophe humanitaire.

Bien que les discussions ne l’aient pas explicitement mentionné, cet engagement semble faire référence à la situation en Ukraine, où 4,6 millions de personnes ont fui depuis l’invasion russe en février.

Sur la route de l’exil, les réfugiés atteints de MNT peuvent ne pas avoir accès à leurs traitements pendant plusieurs jours consécutifs. « Nous pouvons voir des maladies que nous ne voyions pas avant, juste à cause du fait que q’une personne arrête son traitement », a prévenu le professeur Maurizio Cecconi, président de la Société européenne de soins intensifs (ESICM), lors d’un entretien avec EURACTIV.

Les trois autres points du Pacte mondial portent sur l’intégration des MNT dans les soins de santé primaires, la surveillance des MNT dans le monde et l’intégration des personnes vivant avec des MNT et des troubles de la santé mentale dans l’élaboration des politiques.

Les MNT responsables de 80 % des maladies dans l’UE

En Europe, les MNT sont responsables de 80 % des maladies et sont les principales causes de décès prématurés évitables, selon la Commission, qui entend aider les pays de l’UE à atteindre les neuf objectifs volontaires de l’OMS d’ici 2025, ainsi que les ODD.

Étant donné que les coûts humains et financiers des maladies chroniques vont probablement augmenter dans les années à venir, la Commission travaille également actuellement sur une initiative baptisée « Healthier Together » pour aider les pays de l’UE à lutter contre les MNT.

Ce plan se concentre sur cinq points essentiels : les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies respiratoires chroniques, la santé mentale, les troubles neurologiques et les déterminants de la santé. La stratégie de l’UE consiste à combiner prévention et renforcement des systèmes de santé.

L’initiative « Healthier Together » a été créée en complément du Plan européen pour vaincre le cancer, le cancer représentant la deuxième cause de mortalité en Europe, après les maladies cardiovasculaires. Chaque année, 2,6 millions de personnes se voient diagnostiquer un cancer et 1,2 million en meurent, alors que 40 % des cancers sont évitables, selon la Commission.