Un printemps de l'énergie à Washington? [FR]
Avec la nouvelle majorité des Démocrates au Congrès américain, l'Europe espère un changement radical de la politique américaine sur l'énergie et le changement climatique. Les Etats-Unis sont-ils prêts à mener leur propre 'révolution de l'énergie'?
Avec la nouvelle majorité des Démocrates au Congrès américain, l’Europe espère un changement radical de la politique américaine sur l’énergie et le changement climatique. Les Etats-Unis sont-ils prêts à mener leur propre ‘révolution de l’énergie’?
Une semaine après que la Commission a présenté toute une série de mesures pour faire face à la crise du changement climatique et de la sécurité de l’approvisionnement énergétique (EURACTIV, 11 janvier 2007), tous les yeux sont tournés vers Washington, où deux évènements laissent espérer un changement radical de la politique énergétique des Etats-Unis.
Cette semaine (18 janvier), les Démocrates tenteront de faire passer au Congrès une nouvelle loi pour la sécurité énergétique (Energy Security Bill) dans le cadre d’un « sprint de 100 heures » (une série d’initiatives qu’ils souhaitent faire adopter dans les 100 premières heures de leur nouvelle majorité au Congrès). Cette nouvelle législation met fin aux réductions fiscales pour la production de gaz et de pétrole et pousse les grands groupes pétroliers à renégocier leur bail pour le forage dans le Golfe du Mexique. Elle introduit également une « réserve stratégique pour l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables » en vue de stimuler le développement et l’utilisation des carburants alternatifs et les mesures d’efficacité énergétique.
La semaine prochaine (23 janvier), le président américain George W. Bush profitera de son discours annuel devant le Congrès pour annoncer de nouvelles mesures de lutte contre le changement climatique, mais son bureau a déjà rejeté les spéculations dans la presse européenne selon lesquelles le Président réviserait radicalement les plafonds obligatoires pour les émissions de gaz à effet de serre. M. Bush devrait annoncer plus de fonds pour la production d’éthanol.
Néanmoins, même le quotidien progressiste Washington Post et l’International Herald Tribune sont sceptiques sur ce « printemps de l’énergie » américain. « Le principal problème avec la législation du Congrès est que s’en prendre aux compagnies pétrolières ne constitue pas une véritable politique énergétique, » indique le Post et le Herald a le même point de vue : « A l’heure actuelle, les Démocrates ont pour principal objectif de supprimer les réductions fiscales inutiles et les mesures en faveur de l’industrie du gaz et du pétrole. C’est bien, mais ce n’est pas une politique énergétique. Le Congrès est connu pour être peu éclairé sur les questions énergétiques et sa présidente Nancy Pelosi doit fortement éduquer ses collègues pour qu’ils deviennent membres à part entière de cette entreprise nationale essentielle. »