Ursula von der Leyen échappe à deux motions de censure

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a échappé deux motions de censure — l’une provenant des Patriotes et l’autre de La Gauche — votées ce jeudi 9 octobre au Parlement européen.

EURACTIV.com
Plenary session of the European Parliament
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. [Getty Images/Philipp von Ditfurth_Picture alliance]

STRASBOURG — Les motions contre la Commission von der Leyen II n’ont pas atteint la majorité des deux tiers requise, soit un minimum de 361 voix, pour être approuvées lors d’un vote en plénière du Parlement européen. La motion du groupe des Patriotes (extrême droite) a recueilli 378 voix contre, 179 pour et 37 abstentions, tandis que celle de La Gauche (GUE/NGL) a recueilli 383 voix contre, 133 pour et 78 abstentions.

« Je suis profondément reconnaissante du soutien massif reçu aujourd’hui », a déclaré von der Leyen après le vote.

Les motions ont été déposées le mois dernier par le président du groupe des Patriotes, Jordan Bardella, et la co-présidente de La Gauche, Manon Aubry.

Celle d’extrême droite visait les accords commerciaux conclus par Ursula von der Leyen avec les États-Unis et le Mercosur, tandis que celle de gauche était centrée sur l’inaction de la Commission face aux agissements d’Israël à Gaza. C’était la première fois que deux motions de censure étaient déposées simultanément au Parlement.

Sur X, les Patriotes ont déploré le résultat du vote. « Une fois de plus, Bruxelles protège Ursula von der Leyen de toute responsabilité ». « Mais nous n’abandonnerons pas », a averti le groupe.

« Des socialistes à l’extrême droite, union sacrée au Parlement européen pour maintenir Ursula von der Leyen », a de son côté réagi Manon Aubry. La co-présidente de La Gauche a insisté sur le fait qu’Ursula von der Leyen est « complice du génocide à Gaza » et « signe des accords de libre-échange comme le Mercosur à la chaîne ». « Refuser de la censurer est coupable ! »

Les eurodéputés centristes et modérés s’étaient déjà ralliés à Ursula von der Leyen lors d’un débat en plénière lundi, craignant que sa destitution ne plonge un peu plus l’Europe dans l’instabilité.

« Le vote de défiance contre la Commission européenne a une nouvelle fois échoué de manière spectaculaire. La gauche et la droite se sont unies dans l’opposition. Il est temps désormais de résoudre les problèmes au lieu de faire du spectacle », a commenté Peter Liese, eurodéputé du Parti populaire européen (PPE, centre-droit) d’Ursula von der Leyen, après le vote.

En comptant ces deux dernières tentatives de censure, la Commission von der Leyen II aura été visée par trois motions depuis son entrée en fonction en janvier. Début juillet, le Parlement européen avait largement repoussé l’initiative portée par un élu des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), avec 375 voix contre, 175 pour et 18 abstentions.

Il s’agissait des dixième et onzième tentatives de censure d’une Commission depuis 1979. Jusqu’à présent, aucune Commission n’a encore été censurée, même si, en 1999, la Commission présidée par le Luxembourgeois Jacques Santer avait choisi de démissionner collectivement avant qu’une motion de censure ne soit votée.

(asg)