Ursula von der Leyen présentera une proposition d’interdiction du pétrole russe au Parlement européen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devrait présenter mercredi 4 mai de nouvelles sanctions contre Moscou, notamment une interdiction des importations de pétrole russe d’ici la fin de l’année.

EURACTIV.com avec l'AFP et Reuters
VDL 5 April 2022 EP
La Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen au Parlement européen, le 5 avril 2022. [<a href="https://multimedia.europarl.europa.eu/en/photo/ep-plenary-session-question-time-to-ursula-von-der-leyen-president-of-european-commission-two-years_20220405_EP-129130F_DLL_074" target="_blank" rel="noopener">@ European Union 2022 - Source : EP</a>]

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devrait présenter mercredi 4 mai de nouvelles sanctions contre Moscou, notamment une interdiction des importations de pétrole russe d’ici la fin de l’année.

Mardi dernier, des fonctionnaires de l’Union européenne ont remis aux États membres un projet de nouveau train de sanctions visant à punir la Russie pour son invasion de l’Ukraine.

La Russie doit maintenant faire face à de nouvelles mesures de l’UE qui viseraient son industrie pétrolière et ses banques, avec un embargo pétrolier proposé qui entrerait en vigueur en plusieurs étapes.

La dernière série de sanctions toucherait également la Sberbank, le principal prêteur russe, ont indiqué des diplomates, l’ajoutant à plusieurs banques qui ont déjà été exclues du système de messagerie SWIFT.

« Nous travaillons sur le sixième paquet de sanctions, qui vise à exclure davantage de banques du système SWIFT, à dresser une liste des acteurs de désinformation et à s’attaquer aux importations de pétrole », a déclaré Josep Borrell, responsable de la politique étrangère de la Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, dans un tweet.

Le nouveau train de sanctions est devenu possible après que Berlin a abandonné son opposition, le vice-chancelier Robert Habeck ayant déclaré lundi aux ministres de l’UE que « l’Allemagne n’est pas opposée à une interdiction du pétrole pour la Russie ».

Avec 555 000 barils par jour, l’Allemagne a importé 35 % de son pétrole brut de Russie en 2021, mais a réduit ce chiffre à 12 % ces dernières semaines, a indiqué dimanche le ministère allemand de l’Économie.

Introduction progressive et opt-out

Cependant, certains membres se battent pour ne pas être soumis à l’embargo pétrolier. Plusieurs fonctionnaires de l’UE et diplomates européens en poste à Bruxelles ont déclaré à l’AFP que le plan était divisé.

La proposition n’a été finalisée que tard dans la nuit en raison de la position de l’un des États membres.

Les ambassadeurs des 27 pays de l’Union européenne se réuniront mercredi 4 mai pour examiner le plan, qui devra être approuvé à l’unanimité avant d’entrer en vigueur.

La proposition de la Commission prévoit d’interdire progressivement les importations de pétrole en provenance de Russie sur une période de six à huit mois, la Hongrie et la Slovaquie étant autorisées à prendre quelques mois de plus, ont indiqué des responsables européens.

Mais la Slovaquie, qui, comme la Hongrie, dépend presque à 100 % du pétrole brut russe acheminé par l’oléoduc Druzbha (« amitié » en russe), a déclaré qu’il lui faudrait plusieurs années.

La raffinerie slovaque est conçue pour fonctionner avec du pétrole russe et devrait être entièrement révisée ou remplacée pour faire face à des importations provenant d’ailleurs — un processus long et coûteux.

D’autres responsables, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat au cours de ces négociations juridiquement et diplomatiquement tendues, ont déclaré que la Bulgarie et la République tchèque pourraient également demander une exemption des sanctions.

Un diplomate européen a mis en garde contre le fait que l’octroi d’exemptions à un ou deux États très dépendants pourrait déclencher un effet domino de demandes d’exemption qui minerait l’embargo.

La Commission européenne ne prévoit pas de dévoiler le projet en public avant que sa présidente, Ursula von der Leyen, ne s’adresse au Parlement européen mercredi.