Ursula von der Leyen : Vladimir Poutine a « poussé la transition verte » européenne

Lors du 50e anniversaire de l’Agence internationale de l’énergie (IEA) organisée mardi à l’OCDE, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et Bruno Le Maire, ont déclaré que la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine avait forcé l’UE à accélérer sa transition énergétique.

Euractiv France
European Council meeting in Brussels
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'exprime lors de la conférence de presse qui conclut la réunion du Conseil européen à Bruxelles, Belgique, le 27 octobre 2023. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

Lors du 50e anniversaire de l’Agence internationale de l’énergie (IEA) organisée mardi (13 février) à l’OCDE, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et Bruno Le Maire, ont déclaré que la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine avait forcé l’UE à accélérer sa transition énergétique.

« L’année dernière, pour la première fois, nous avons produit plus d’électricité à partir du vent et du soleil qu’à partir du gaz », a déclaré la présidente de la Commission européenne lors de son discours dans les locaux de l’OCDE à Paris.

À l’occasion des 50 ans de l’Agence internationale de l’énergie, Ursula von der Leyen a rappelé les efforts fournis par l’UE ces dernières années pour faire face aux crises successives du Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Aussi et surtout, l’effet qu’ont provoqué les conséquences de la guerre en Ukraine sur le schéma énergétique européen.

« Une unité sur 5 d’énergie consommée dans l’Union européenne provenait de combustibles fossiles russes. Aujourd’hui, c’est 1 sur 20 », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’énergie produite à partir de renouvelables au sein de l’UE était, en 2023, plus importante que celle produite par le gaz russe.

Par conséquent, « la tentative de chantage de Poutine à l’égard de notre Union a totalement échoué », déclare-t-elle, en référence à la réduction drastique des flux gaziers russes vers l’UE après le déclenchement de la guerre.

« Au contraire, il [Vladimir Poutine] a vraiment poussé la transition verte », a-t-elle poursuivi, esquissant un rictus au moment de prononcer une phrase non prévue dans son discours officiel.

Il faut dorénavant que l’UE travaille « plus étroitement avec les futurs membres de notre Union, comme les Balkans occidentaux, l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie », a-t-elle déclaré, tout en concluant de nouveaux partenariats avec les pays méditerranéens, comme la Tunisie et la Mauritanie – en ligne de mire, la production d’énergie décarbonée dans ces pays pour en exporter une partie vers l’UE.

En d’autres termes, de diversifier les fournisseurs. Ce pour quoi l’IEA pousse, notamment sur les matières premières critiques.

« Véhicules électriques, batteries électriques et parcs éoliens : si nous dépendons à 80 % de la Chine pour le lithium, le cobalt ou les matériaux rares […], la stratégie nationale ne peut être efficace et efficiente que dans un contexte européen », a déclaré en ce sens le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, co-président de l’évènement avec le ministre de l’Énergie irlandais Eamon Ryan.

« Le paquet ‘Fit for 55′ d’Ursula von der Leyen, la loi sur les matières premières critiques (CRMA) et d’autres mesures permettront de relever ces défis », a-t-il poursuivi.

Ainsi, « grâce à Vladimir Poutine, nous avons accéléré pour être plus indépendants, plus souverains en matière d’énergie », déclare-t-il, dans la foulée de Mme von der Leyen.

Investissements privés

Surtout, M. Le Maire a insisté sur la nécessité de fonds privés et de fonds structurels européens pour mener à bien la transition énergétique.

« Soyons très clairs, nous sommes tous confrontés à d’énormes difficultés budgétaires après la crise de Covid, avec un niveau de dette publique très élevé », a-t-il avancé, insistant sur le caractère européen du problème.

Dès lors, « ne comptez donc pas sur un effort ou un financement public supplémentaire, car nous n’avons pas la possibilité de mettre beaucoup plus de fonds publics sur la table ». Plutôt, « nous devons compter et nous appuyer sur des financements privés », affirme-t-il.

À cet effet, il faut donc rendre la transition attractive par des incitations à investir et « mettre en place dès que possible l’Union des marchés de capitaux ». Tout du moins, parachever les travaux déjà fournis en ce sens.

L’union des marchés des capitaux est une initiative de l’UE visant à permettre une circulation fluidifiée des investissements et de l’épargne. Cela permettrait, selon M. Le Maire, de concurrencer un tant soit peu l’Inflation Reduction Act (IRA) des États-Unis destiné à financer la transition à coût de subventions et d’incitations de plusieurs centaines de milliards de dollars.

Une union des capitaux « fournira des milliards d’euros », a estimé M. Le Maire, se tournant vers John Kerry, émissaire américain pour le Climat, présent sur l’estrade à ses côtés.