Variole du singe : la commissaire européenne à la Santé appelle les États membres à rester vigilants

Suite à la qualification par l’OMS de la variole du singe comme une « urgence de santé publique de portée internationale » Stella Kyriakides, a envoyé une lettre aux États membres de l’UE pour leur demander d’intensifier leurs efforts dans la lutte contre le virus.

/ EURACTIV.com
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Dans une lettre adressée aux ministres de la Santé du bloc envoyée mercredi (27 juillet), Mme Kyriakides a appelé à « une action renforcée, concertée et coordonnée de l’UE pour faire face à une situation mondiale en pleine évolution, où l’Union européenne est l’épicentre des cas détectés ». [<a href="https://www.shutterstock.com/de/image-photo/male-hands-monkeypox-rash-patient-viral-2178184621" target="_blank" rel="noopener">[Shutterstock/Marina Demidiuk]</a>]

Suite à la qualification par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la variole du singe comme une « urgence de santé publique de portée internationale », la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a envoyé une lettre aux États membres de l’Union européenne pour leur demander d’intensifier leurs efforts dans la lutte contre le virus.

Dans une lettre adressée aux ministres de la Santé du bloc envoyée mercredi (27 juillet), Mme Kyriakides a appelé à « une action renforcée, concertée et coordonnée de l’UE pour faire face à une situation mondiale en pleine évolution, où l’Union européenne est l’épicentre des cas détectés ».

« L’heure n’est pas à la complaisance et nous devons continuer à travailler ensemble pour contrôler l’épidémie », écrit-elle dans la lettre, consultée par EURACTIV.

Elle a ajouté que « nos priorités claires à ce stade doivent être le renforcement de la surveillance, l’identification et le signalement des cas, l’isolement, la recherche des cas contacts et la vaccination, ainsi que la prévention des contaminations ainsi que des campagnes claires de communication des risques dans tous les États membres et les pays de l’EEE ».

Samedi dernier (23 juillet), l’OMS a déclenché son alerte maximale concernant la variole du singe, la qualifiant d’urgence de santé publique.

Dans l’UE/EEE, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a enregistré pas moins de 10 346 cas entre le 9 mai et le 26 juillet.

Au total, la variole du singe a touché plus de 16 800 personnes dans 74 pays, selon les chiffres publiés le 22 juillet par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC).

Des données fiables et la recherche des cas contacts

S’appuyant sur l’expérience acquise depuis le début de la pandémie de Covid-19, la lettre de Mme Kyriakides exhorte les États membres à assurer « une surveillance et une communication des données à la fois fiable et opportune au niveau de l’UE » afin d’orienter les stratégies de contrôle de la propagation de la variole du singe.

Simultanément, la commissaire européenne a souligné l’importance de la recherche des cas contacts, de l’isolement des personnes contaminées et de fournir des renseignements détaillés aux contacts proches.

Afin d’enrayer la propagation du virus, la Commission européenne a commandé plus de 60 000 doses de vaccins Jynneos, peut-on lire dans la lettre.

Jynneos est l’équivalent américain du vaccin Imvanex de l’entreprise danoise Bavarian Nordic, récemment approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA), pour lequel une procédure d’achat groupé est en cours de préparation. Une deuxième procédure conjointe de passation de marché est actuellement en préparation pour l’antiviral Tecovirimat.

« Dans les deux cas, l’engagement et les réponses rapides sont essentiels, et pour être en mesure d’obtenir les doses nécessaires, votre représentant au sein du comité directeur de l’accord d’achat conjoint doit informer des besoins de votre pays aussi rapidement que possible », explique Mme Kyriakides aux États membres.

Les États membres ont également été encouragés à intensifier leurs efforts de communication sur les risques pour le public, qui constituent « sans doute l’aspect le plus important de notre réponse » au virus, et à éviter de « provoquer la panique ou de la stigmatisation ».

« Si les cas de variole du singe sont aujourd’hui essentiellement observés dans un groupe démographique particulier, celui des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, ce groupe ne doit pas être ciblé, victimisé ou marginalisé à cause de l’épidémie », a tenu à souligner Mme Kyriakides.

L’EMA met à profit son mandat étendu

L’EMA a présenté, mercredi (27 juillet), sa réponse à l’épidémie de variole du singe, car il s’agit de la première urgence de santé publique depuis que le mandat étendu de l’EMA a débuté en mars 2022.

L’agence a annoncé que le groupe de pilotage exécutif sur les pénuries et l’innocuité des médicaments — qui fait partie du nouveau mandat — établira une liste de médicaments importants pour la variole du singe afin d’éviter les pénuries, en collaboration avec les États membres, les patients et les acteurs du secteur de la santé.

Jusqu’à présent, seuls le médicament Tecovirimat et le vaccin Imvanex sont autorisés pour traiter et prévenir la variole du singe.

Deuxièmement, la task force d’urgence de l’EMA, initialement mise en place pour faire face à la pandémie de Covid-19, sera officiellement élargie pour faire face à la variole du singe.

« [Cela comprend] des conseils scientifiques et l’examen des données scientifiques disponibles sur les médicaments susceptibles de répondre à l’urgence de santé publique, la coordination d’études de contrôle indépendantes sur l’utilisation, l’efficacité et la sécurité des médicaments destinés à être utilisés contre la variole du singe », a déclaré l’EMA dans un communiqué de presse.

L’agence a ajouté qu’elle fournira également aux pays qui en feront la demande des recommandations sur l’utilisation de médicaments non autorisés.