Vifs débats lors de la 10ème conférence des Nations-Unies sur le changement climatique

La 10ème conférence des signataires de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) a donné lieu à des discussions au plus haut niveau sur l'avenir des politiques globales de lutte contre le changement climatique. 

La 10ème conférence des signataires de la Convention-Cadre des
Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) a donné lieu
à des discussions au plus haut niveau sur l’avenir des politiques
globales de lutte contre le changement climatique. 

Plusieurs réunions ministérielles de haut niveau ont été
organisées, mercredi 15 et jeudi 16 décembre, dans le cadre de la
10ème conférence des signataires de la Convention-Cadre des Nations
Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) organisée à Buenos
Aires.

Au total, quatre tables rondes ministérielles ont été consacrées
à un tour d’horizon de la situation en matière de lutte contre le
changement climatique, qu’il s’agisse des résultats obtenus à ce
jour ou des défis devant être relevés dans l’avenir. Plusieurs
types de solutions ont été évoqués, de la mise en oeuvre de mesures
d’adaptation au développement de technologies moins néfastes pour
le climat, en passant par l’adoption de politiques de
compensation. 

Ces discussions ont permis aux ministres et aux chefs de
délégation de s’exprimer très librement sur les succès et les
échecs enregistrés par les différents Etats présents lors de ces
discussions. 

Le président argentin Nestor Kirchner a notamment accusé les
nations les plus riches d’être responsables des phénomènes de
changement climatique, dont les pays pauvres sont selon lui les
principales victimes. Le président Kirchner a demandé aux pays
riches de se soumettre à l’obligation de payer leur dette
environnementale, de la même façon que les pays en voie de
développement acceptent de payer leurs dettes
financières. 

La Chine a de son côté dénoncé la position des Etats-Unis,
reprochant à ceux-ci de n’avoir pas signé le protocole de
Kyoto et d’avoir ainsi considérablement réduit la portée de ce
texte.  

Un rapport présenté lors de la conférence par le Pew Centre et le
World Resources Institute montre que les Etats-Unis étaient
responsables de 21% des émissions de gaz à effet de serre en 2000,
suivis par la Chine à 15%. L’UE-25 n’a produit cette même année que
14% des émissions, selon les deux instituts de recherche
américains.

Ces réunions ont également permis au Commissaire à
l’environnement Stavros Dimas de présenter le système européen
d’échange de quotas d’émissions (ETS) à une audience de
responsables internationaux. M. Dimas a notamment souligné qu’un
tel système rendait possible l’utilisation des « mécanismes
flexibles » institués par le protocole de Kyoto, mécanismes
permettant aux entreprises européennes de comptabiliser dans leurs
objectifs de réduction d’émissions les résultats obtenus dans
le cadre de projets menés hors du territoire de l’UE.

Les groupes de défense de
l’environnement encouragent l’Union européenne à continuer à
donner l’exemple en matière de lutte contre le changement
climatique, alors que les industriels appellent l’UE
à renoncer à son approche unilatérale dans ce
domaine.

Les seules décisions adoptées jusqu’ici par la conférence se
résument à un accord sur l’organisation de réunions et de
séminaires dans le courant de l’année 2005, avant le lancement
officiel des négociations sur les objectifs de réduction des
émissions de CO2 pour l’après 2012.