Dennis Mc Shane :« l’Europe et les nations peuvent marcher ensemble »
À Rennes, samedi, l’ancien ministre britannique Dennis Mc Shane a expliqué pourquoi la construction européenne n’était pas incompatible avec l’existence des nations. Un article de notre partenaire l'Ouest France.
À Rennes, samedi, l’ancien ministre britannique Dennis Mc Shane a expliqué pourquoi la construction européenne n’était pas incompatible avec l’existence des nations. Un article de notre partenaire l’Ouest France.
Les velléités autonomistes ou indépendantistes animent l’actualité européenne : Catalogne, Corse… Et si la Bretagne demandait son indépendance ?
Je ne sais pas à quoi cela servirait d’avoir une nation bretonne, avec son capitole, ses ambassadeurs… C’est ridicule. Ce qui est important c’est une identité, une langue, une culture.
Et quelles seraient les frontières de la Bretagne ? On ne peut pas détruire la France pour créer une vingtaine de petites nations. Plus on parle de nation, plus on entend « rejet des autres ».
Oui, il y a un bon nationalisme. Mais ces dernières années, dans nombre de pays européens, c’est un mauvais nationalisme qui émerge. Je suis anti-sécessionniste. On ne peut pas réclamer l’union dans le cadre européen et le rejet d’une union avec ses concitoyens.
Le débat se partage souvent entre les tenants d’une Europe qui deviendrait une grande fédération de régions et les défenseurs d’une Europe des nations. La nation est-elle devenue un épouvantail ?
C’est un long débat, et on peut toujours trouver des clichés. Moi, je n’ai pas une goutte de sang anglais dans mes veines, je suis né en Écosse. Mais je suis totalement anglais, formé à Oxford, journaliste à la BBC. Je suis fier de ça, et aussi très content d’avoir vécu une partie de ma vie en France. Mais même si j’obtenais la nationalité française, je ne serai jamais français.
L’Union européenne a donné naissance à un nouveau printemps des nations. Quand j’étais étudiant, beaucoup de nations n’existaient pas avec leur propre identité : la Pologne, tous les pays de l’Europe de l’Est, ou des pays qui étaient pauvres, comme l’Irlande, le Portugal, ou sous l’égide de dictatures comme l’Espagne ou la Grèce…
L’Europe et les nations peuvent marcher ensemble, main dans la main.
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