L'Europe, libre de ses mouvements ? [FR]
Les nouveaux Etats membres cultivent la liberté de mouvement tout en craignant d'être victimes d'une fuite des cerveaux. La "vieille Europe" freine l'immigration en provenance de l'est par des restrictions transitoires à la libre circulation des travailleurs, alors que ses marchés de l'emploi sont en manque de jeunes travailleurs. Dans cet article publié par café babel, Stella Willborn nous présente l’univers paradoxal des politiques d’immigration européennes.
Les nouveaux Etats membres cultivent la liberté de mouvement tout en craignant d’être victimes d’une fuite des cerveaux. La « vieille Europe » freine l’immigration en provenance de l’est par des restrictions transitoires à la libre circulation des travailleurs, alors que ses marchés de l’emploi sont en manque de jeunes travailleurs. Dans cet article publié par café babel, Stella Willborn nous présente l’univers paradoxal des politiques d’immigration européennes.
Extrait:
Alors que l’angoisse d’une fuite des personnes qualifiées, comme celle des médecins ou informaticiens, envahit l’Europe centrale et orientale, la peur prédominante en Europe de l’Ouest concerne la marée de l’immigration. Les principaux pays de la « vieille Europe » mènent cependant la danse, puisqu’ils n’ont pas hésité à introduire des restrictions provisoires à la liberté de circulation des travailleurs depuis l’élargissement. Il faut dire que ce droit, au même titre que la liberté de circulation des capitaux, des services et des biens, fait partie intégrante des quatre libertés fondamentales garanties par la Communauté européenne depuis le Traité de Rome de 1957.
Mais les actifs des nouveaux pays membres, à l’exception de Malte et Chypre, n’ont pas le plaisir pour l’instant de choisir librement leur emploi au sein de l’UE. Au lieu de cela, ils sont tenus de mettre en pratique ce que l’on appelle dans les cénacles européens les « dispositions 2+3+2 ans ». Une formule algébrique qui signifie que jusqu’en 2006, ce sont les législations des gouvernements nationaux qui resteront en vigueur. En lieu et place de la politique communautaire en matière d’immigration. Après ces deux ans, la Commission examinera ensuite la situation et les pays membres détermineront s’ils souhaitent poursuivre dans cette configuration. Si la réponse est positive, ils devront justifier de leur décision de garder ces restrictions. Une procédure de consultation aura lieu à nouveau trois ans plus tard et la régulation pourra encore être prolongée pendant deux ans.
Sans jobs rien ne marche
Concrètement, un Polonais, un Letton ou un Tchèque, tous citoyens de l’Union européenne, nécessitent ainsi une autorisation d’emploi afin d’être en mesure de travailler en Allemagne, en Belgique ou en Autriche. Les critères d’obtention d’un tel sésame varient d’un pays à l’autre et dépendent essentiellement de la situation nationale du marché de l’emploi. Seulement quelques Etats, à l’instar de la Suède ou de l’Irlande, ont choisi de ne pas appliquer de telles barrières à l’égard des citoyens de la « jeune Europe ». Idem au Royaume-Uni qui a néanmoins mis en place quelques règles dissuasives. Les professions libérales et non salariées sont également exclues de ce système de restrictions, ce qui a causé de grands problèmes outre-Rhin dans le domaine des poseurs carreleurs ou des bouchers.
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