Droits de douane américains : l’industrie sidérurgique de l’UE réclame une riposte « rapide »

L’association européenne des producteurs d’acier appelle la Commission à riposter rapidement aux droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium, qui atteignent désormais 50 %.

/ EURACTIV.com
EU Commissioner Sejourne Visits Thyssenkrupp Steel
« Sans une action rapide, nous ne serons pas seulement sous l’eau, nous nous noierons », a déploré Axel Eggert, directeur général d’EUROFER. [Getty Images/Hesham Elsherif]

L’association européenne des producteurs d’acier (EUROFER) appelle la Commission européenne à riposter rapidement aux droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium, qui ont atteint 50 % mercredi 4 juin.

Donald Trump a annoncé mercredi porter les droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium à 50 %.

Une nouvelle offensive tarifaire qui intervient alors que le représentant de la Maison-Blanche pour le Commerce, Jamieson Greer, devait rencontrer le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič en marge d’une réunion de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Paris plus tard dans la journée.

« Avec une surcapacité mondiale à des niveaux records et une pénétration des importations dans l’UE pouvant atteindre 30 % dans un contexte de baisse de la demande, nous sommes inondés d’acier étranger bon marché », a déploré Axel Eggert, directeur général d’EUROFER, dans un communiqué. « Sans une action rapide, nous ne serons pas seulement sous l’eau, nous nous noierons. »

« De plus, la plupart des 3,8 millions de tonnes d’acier exportées par l’UE vers les États-Unis sont désormais soumises à une interdiction d’importation de facto », a-t-il ajouté au sujet de la taxe de 50 % qui est entrée en vigueur mercredi.

L’UE a préparé des contre-mesures visant près de 100 milliards d’euros de produits américains. Elles seront mises en œuvre si les négociations en cours avec Washington échouent.

Mais EUROFER exhorte la Commission à aller plus loin et envisager d’autres mesures suggérées dans son plan d’action de mars pour le secteur sidérurgique.

« Pour nous, les 50 % ont été une surprise », a reconnu Maroš Šefčovič. « Nous sommes clairement confrontés au même défi : nous souffrons de la surcapacité mondiale. » « Ce qui me rend optimiste, c’est que je constate des progrès », a-t-il poursuivi.

Après avoir rencontré Jamieson Greer à Paris, Maroš Šefčovič a publié un message indiquant que les négociations avec les États-Unis avançaient « à un rythme soutenu ».

Le commissaire européen a déclaré que les « domaines concrets » abordés comprenaient la « sécurité économique », l’amélioration de « l’accès au marché » (vraisemblablement pour les États-Unis) et l’établissement de relations commerciales « équilibrées pour les deux parties ».

Il a également déclaré qu’il restait « optimiste » quant à la possibilité de parvenir à une solution négociée avec l’aministration Trump.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]