« Il faut faciliter la transition automobile »
Marcel Deneux, est sénateur (Union centriste) de la Somme et auteur de la résolution européenne du Sénat sur le paquet énergie-climat. Il revient, pour EURACTIV.fr, sur les enjeux de ce paquet et les efforts que devra faire la France pour atteindre les objectifs qui lui sont fixés.
Marcel Deneux, est sénateur (Union centriste) de la Somme et auteur de la résolution européenne du Sénat sur le paquet énergie-climat. Il revient, pour EURACTIV.fr, sur les enjeux de ce paquet et les efforts que devra faire la France pour atteindre les objectifs qui lui sont fixés.
Vous avez présidé le groupe qui a travaillé sur une résolution du Sénat sur le paquet énergie-climat. Quel poids peut avoir votre assemblée sur de tels débats?
Je ne peux pas vous dire précisément comment cette proposition va être reçue par le gouvernement. Mais c’est un des devoirs du Parlement. Nous devons aider le gouvernement à réfléchir sur cette question. Mais meme si c’était le cas, les gouvernements n’aiment pas qu’on leur dise que nous avons pesé dans les négociations.
Dans votre texte, vous vous prononcez en faveur de la création d’un fonds européen dédié à l’efficacité énergétique. De quoi s’agit-il?
Ce fonds, à mon sens indispensable, pourrait être alimenté soit par des taxes spécifiques, soit par une partie du budget européen. Toute la question est de savoir la somme que l’on veut y mettre. C’est une question de volonté politique. De mon point de vue, un énorme problème n’est pas encore réglé : celui du financement des 12 démonstrateurs [ndlr : de capture et stockage] en matière de CO2. Ce fonds pourrait y contribuer.
Quels sont les principaux défis qui se poseront, à l’avenir, dans le domaine de l’énergie?
Il va falloir que nous sachions dans quelle catégorie ranger le nucléaire. Il faut raisonner entre énergies carbonées et énergies non-carbonées. Par ailleurs, il me paraît évident qu’il va falloir nous appuyer sur les énergies vertes pour sortir de cette crise par le haut.
Le nucléaire pose aussi la question de la sécurité énergétique. Les Allemands, par exemple, n’ont pas d’équipement méthanier et dépendent beaucoup de l’Est. C’est assez périlleux, comme situation. Il suffirait d’une crise de colère d’un dirigeant russe pour que la sécurité énergétique soit ainsi mise en danger. De ce point de vue, l’augmentation des énergies renouvelables dans nos mix énergétiques est un point essentiel. Certains pays dépendent encore à 70 ou 80% des énergies fossiles.
Quelle est la situation en France?
La France a un mix énergétique qui lui assure son indépendance. Mais il lui faut tout de même atteindre la part de 23% de renouvelables dans son mix énergétique, comme le prévoit le paquet énergie-climat. On ne peut pas atteindre cet objectif sans faire un effort sur l’éolien ou sur le secteur méthanier. C’est une question d’investissement, qui relève de la volonté politique mais aussi de la volonté des industriels.
Il y a des pays qui atteindront plus facilement leurs objectifs que nous.
Quel point vous paraît le plus important dans ce débat?
De mon point de vue, l’axe majeur à développer concerne la recherche visant à faciliter la transition automobile. Il faut donner un coup de pouce à la recherche, aller voir où en sont la Chine et les États-Unis. Au-delà de toute polémique, il y a une certitude absolue : un jour, il n’y aura plus de pétrole. Ca arrivera dans 20, 50 ou 80 ans, mais ça arrivera.
Un autre point qui me paraît important, ce sont les efforts individuels.
Est-ce que ce n’est pas plus aux industriels qu’aux particuliers de faire un effort?
La pression sur les industriels est déjà très forte. Je suis d’ailleurs favorable à une flexibilité plus grande dans les secteurs qui ne sont pas soumis au système d’échange de quotas d’émissionde de CO2 (ETS). Pour ceux qui sont soumis à l’ETS, on peut voir que les objectifs qui avaient été définis sont atteints.
Par ailleurs, nous ne pouvons pas faire l’économie de la réflexion sur ce sujet, quelle que soit la crise économique.
Pensez-vous que l’élection de Barack Obama peut faire évoluer les États-Unis sur les questions climatiques?
L’élection d’Obama a suscité un immense espoir. Les États-Unis peuvent être le coup de pouce qui manque à l’échelle du monde. Jusqu’à présent, l’engagement état bloqué au niveau fédéral, mais de nombreux États avaient pris des initiatives pour lutter contre le réchauffement climatique.