À Bruxelles, des manifestants protestent contre la destruction d’un stock de 10 millions de dollars de contraceptifs américains

Les produits contraceptifs de l’USAID stockés en Belgique doivent être détruits, alors qu’ils pourraient permettre de prévenir 360 000 grossesses non désirées.

EURACTIV.com
1809
Des manifestants opposés à la déstruction des stocks de contraceptifs de l'USAID réunis devant l’ambassade américaine à Bruxelles jeudi 18 septembre.

BRUXELLES — « Honte, honte, Trump est responsable », scandaient des personnes réunies devant l’ambassade américaine à Bruxelles jeudi 18 septembre pour protester contre la destruction d’environ 10 millions de dollars de contraceptifs de l’USAID destinés aux pays à faible revenu.

Quelque 863 000 implants contraceptifs, 2,4 millions de contraceptifs oraux, plus de 1,75 million de contraceptifs injectables et 23 700 dispositifs intra-utérins sont aujourd’hui stockés dans un entrepôt à Geel, près d’Anvers, dans le nord de la Belgique. L’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) les a achetés avant de se voir largement démantelée par l’administration Trump au début de l’année.

Selon le New York Times, en juin, Washington a ordonné la destruction du stock, pour un coût de 167 000 dollars, au motif que les États-Unis ne financeraient plus l’achat de produits contraceptifs pour les pays à faible revenu. La semaine dernière, un porte-parole de l’USAID a affirmé que le stock avait été détruit, rapporte le Times. Toutefois, les autorités belges ont indiqué que le stock était toujours intact.

Suite à cette annonce, des ONG, associations locales et des citoyens se sont réunis jeudi devant l’ambassade américaine dans la capitale belge.

« Nous sommes ici aujourd’hui parce que nous voulons vivre dans un monde où les soins, la dignité et la liberté sont les fondements de notre humanité commune », a déclaré Micah Grzywnowicz, directeur régional de la Fédération internationale des plannings familiaux. « Mais aujourd’hui, ce monde est menacé. »

« Purement idéologique »

Cette affaire représente désormais plus que les produits eux-mêmes, qui, selon les défenseurs, pourraient prévenir 360 000 grossesses non désirées.

La santé, et en particulier les droits reproductifs, sont devenus un sujet politique brûlant. Défendre le stock signifie également lutter contre Donald Trump.

« La décision de l’administration américaine est purement idéologique », estime Heleen Heysse, du centre d’expertise flamand pour la santé sexuelle, Sensoa. « Il est clair que [Donald Trump] tente ici de faire la même chose que ce qu’il fait dans son propre pays. »

Le gouvernement flamand maintient que les stocks sont toujours entreposés à Geel et qu’il peut légalement empêcher leur transfert ou leur destruction, que ce soit ailleurs sur le territoire belge ou à l’étranger.

« L’administration américaine tente de gagner du temps dans l’espoir que tout le monde oublie et qu’elle puisse détruire les stocks sans provoquer de tollé international », a déclaré Helen Heysee. « C’est vraiment pour cela que nous sommes ici. Nous voulons maintenir la protestation internationale, nous voulons montrer que nous ne sommes pas d’accord, nous voulons montrer que cela ne peut pas se produire en Belgique… ni dans l’UE. »

Impasse diplomatique

Micah Grzywnowicz a appelé l’UE à faire preuve de leadership en « ralliant les États membres, en jouant le rôle de médiateur auprès des États-Unis et en explorant toutes les voies juridiques et diplomatiques pour empêcher le gaspillage de fournitures essentielles ».

Jusqu’à présent, la diplomatie n’a pas porté ses fruits. À Bruxelles, la Commission européenne a déjà déclaré qu’elle n’interviendrait pas directement. Et les propositions des ONG d’acheter les stocks ont été refusées par l’administration Trump.

« Cela ne coûterait rien, cela ne changerait rien », a déclaré un manifestant. « Il suffirait d’une signature de Trump pour libérer les stocks, et il n’aurait plus à s’en occuper. »

(asg)