À Bruxelles, Pedro Sánchez et les socialistes espagnols courtisent Carles Puigdemont

Les dirigeants socialistes d’Espagne sont sur le point d’accepter les demandes des séparatistes catalans pour permettre au Premier ministre sortant Pedro Sánchez de renouveler son mandat.

/ EFE avec EURACTIV.com
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M. Sánchez a besoin du soutien des partis nationalistes catalans pour renouveler son mandat de Premier ministre, le vote d’investiture étant attendu dès le 8 novembre, même si la date limite officielle pour former un gouvernement est fixée au 27 novembre. [[Shutterstock/Alexandros Michailidis]]

Les dirigeants socialistes d’Espagne sont sur le point d’accepter les demandes des séparatistes catalans pour permettre au Premier ministre sortant Pedro Sánchez de renouveler son mandat.

Santos Cerdán, troisième en lice du PSOE (parti socialiste espagnol), et Iratxe García, eurodéputée dirigeante du S&D espagnol, ont rencontré le dirigeant catalan Carles Puigdemont au Parlement européen, et M. Sánchez lui-même a convaincu les membres de son parti de cette démarche dans une lettre envoyée lundi (30 octobre).

M. Sánchez a besoin du soutien des partis nationalistes catalans pour renouveler son mandat de Premier ministre, le vote d’investiture étant attendu dès le 8 novembre, même si la date limite officielle pour former un gouvernement est fixée au 27 novembre.

Alors que les électeurs socialistes s’inquiètent de plus en plus de la loi d’amnistie requise, la lettre vise à convaincre les 172 000 membres du PSOE du rapprochement du parti avec les nationalistes catalans. En effet, la stratégie du gouvernement, y compris l’accord de coalition avec le parti de gauche Sumar et le soutien des forces nationalistes catalanes et basques, fera l’objet d’un référendum interne qui débutera lundi et se terminera samedi.

Dans la lettre, M. Sánchez explique que pour atteindre la majorité requise, des progrès supplémentaires sont nécessaires pour surmonter les blessures « résultant d’une crise [avec la Catalogne] dont nous, socialistes, avons hérité [du Partido Popular (PP/PPE)] lorsque nous sommes arrivés au gouvernement », tout en invitant les membres du parti à participer au référendum.

Selon M. Sánchez, l’éventuelle loi d’amnistie est nécessaire « au nom de l’Espagne, dans l’intérêt de l’Espagne et pour défendre la cohabitation entre les Espagnols ».

« Je suis convaincu que la loi d’amnistie y contribuera. L’expérience nous montre que c’est la bonne voie, comme en témoigne le succès des mesures adoptées au cours de la dernière législature [en référence à la grâce accordée à plusieurs dirigeants séparatistes en juin 2021]. Des mesures qui ont indéniablement contribué à améliorer la cohabitation en Catalogne », a assuré M. Sánchez.

La présidente des socialistes européens s’implique

Les socialistes espagnols ne devront cependant pas seulement convaincre leur base, car les demandes des partis séparatistes JuntsxCat de M. Puigdemont et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) vont au-delà de la loi d’amnistie et incluent l’autodétermination, des pouvoirs fiscaux, une plus grande autonomie budgétaire et le contrôle du système ferroviaire de la région.

En vue des négociations finales, M. Cerdán du PSOE et la présidente du groupe S&D au Parlement européen, Iratxe García, ont rencontré M. Puigdemont dans son bureau parlementaire lundi (30 octobre).

Tous les chefs de parti ont apprécié « la bonne ambiance de la réunion et ont noté que les négociations avançaient dans la bonne direction », peut-on lire dans une note publiée à l’issue de la réunion.

Des discussions suivront dans les prochains jours, conclut la note. Si M. Sánchez échoue, l’Espagne se dirigera vers de nouvelles élections, qui pourraient avoir lieu le 14 janvier 2024.